Avocats ou spoliateurs ?

L’histoire de Bouki et Malice illustre assez bien la relation entre les citoyens instruits et ceux qui ont été privés des bienfaits de l’instruction. Il est révolu, le temps où les parents refusaient de fournir à leurs enfants le pain de l’instruction pour éviter qu’ils ne dérobent les titres de propriété. Cette période sombre de notre histoire de peuple est loin derrière nous. Les détenteurs du savoir ne sont plus perçus comme des fourbes, nonobstant les professionnels de la basoche.

Nombreux sont ceux qui ont pu entendre des récits de citoyennes et de citoyens déclarant à qui veut l’entendre que leurs avocats les  ont trompés. Ils sont légion ceux qui ne se font pas prier pour raconter leur expérience ou celle d’un proche afin de corroborer ces histoires et renforcer du même coup cette perception des professionnels qui plaident en justice. Pourtant, la profession d’avocat est toute autre chose.

L’avocat est un homme de bien attaché à la vérité…

Me Samuel MADISTIN, dans une interview accordée à la rédaction du journal a de prime abord rappelé combien la profession est noble. Selon l’ancien parlementaire, « L’avocat est un homme de bien attaché à la vérité et qui se met au service de la collectivité, de sa communauté». Ce statut d’homme de bien incombe aussi son lot de responsabilité. « L’avocat, en principe, ne peut pas ou ne devrait pas projeter une image négative à la société. La profession étant réglementée, l’avocat ne fait pas ce qu’il veut il défend un certain nombre de valeurs. Les valeurs cardinales de la profession comme l’honnêteté, la dignité, la probité, la loyauté etc. La pratique de ces valeurs est contrôlée par le conseil de discipline, le conseil de l’ordre des avocats. Quand il viole un de ces principes il peut être sanctionné. Les sanctions allant du blâme à l’exclusion définitive du barreau » nous a confié l’ancien Président de la commission des droits de l’homme lors de son passage au Sénat de la République.

Ainsi, des préceptes guident le comportement des avocats tant dans leur vie privée que dans  l’exercice de leur profession. A titre d’exemple, Ils ne peuvent pas entretenir de relation amoureuse avec leurs clients ni prendre leur argent. En agissant de la sorte, ils se mettent sous le coup des sanctions. Pourtant, il y a réellement des avocats qui ne se respectent pas et qui posent des actes malhonnêtes qui font dire du mal de leurs collègues.

 « Quand il y a  des critiques contre des avocats il y a deux problèmes qui se posent. En premier lieu le public ne sait pas comment se défendre face à un avocat. Car quand l’avocat défend un client, il s’expose autant à une sanction disciplinaire, civile en cas de négligence ou d’incompétence et pénale. Ensuite, l’avocat vend sa crédibilité. Sa seule publicité est la diligence qu’il met dans le traitement des dossiers des clients. Il doit donc veiller à sa crédibilité, sa renommée et sa réputation»  avance le détenteur d’un master en Sciences du Développement.

Une méconnaissance des règles régissant les relations avocats-clients par les clients eux-mêmes et parfois un manque de sévérité de la part du conseil de discipline dans l’application des sanctions contribuent, selon la lecture de Me MADISTIN, à la perpétuation des actions contraires aux principes déontologiques régissant l’exercice de la profession. Invitant les clients à choisir les professionnels les plus compétents et les plus crédibles pour se représenter, le natif du département de l’Artibonite s’est dit prêt à défendre toute personne contre un confrère qui aurait lésé ses intérêts.

Tout cela pour restaurer la noblesse de la profession!

Stevens JEAN FRANÇOIS

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