LE PAQUET ESSENTIEL DE SERVICES (PES), UN BÉBÉ EN SOUFFRANCE

Trois (3) ans après le  lancement officiel du PES, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) peine encore à trouver un budget conséquent pour implémenter les dix composantes du PES; pouvant permettre à la population de bénéficier pleinement ses prescrits. Depuis, ce paquet essentiel en matière d’offre de services, a du mal à prendre son envol et ce, malgré une demande recrudescente.

«Au cours des 25 prochaines années, dans un contexte de développement socio-économique articulé et dynamique, le système de santé haïtien évolue et la morbi mortalité diminue significativement. Les haïtiens et les haïtiennes ont un accès équitable aux services et soins de qualité définis dans le Paquet Essentiel de Services, ajusté au besoin, tenant compte des changements dans le profil épidémiologique et démographique» lit-on dans le résumé du Plan Directeur de Santé (PDS) 2012-2022.

Lancé à l’hôtel KINAM I depuis septembre 2016 en présence de la première dame d’alors Madame Ginette Michaud PRIVERT, ce document normatif; placé sous l’égide de la Direction d’Organisation des Services de Santé (DOSS) du MSPP, a connu pas mal de difficultés dans sa phase d’implémentation, ce malgré une large diffusion et/ou promotion du Manuel du Paquet Essentiel de Services aux institutions publiques, privées et aux organismes désireux œuvrant dans le secteur de la santé.

Cependant, la dépense vertigineuse des ménages pour se faire soigner ou favoriser des conditions de vie saine pour leur famille s’oppose totalement avec la volonté politique de l’état haïtien qui prévaut que les haïtiens et les haïtiennes auront un accès équitable aux services et soins de qualité dans les 25 prochaines années à seulement trois ans de la date probatoire du PDS.

Docteur Jean Lionel JEROME

Malgré ces réalités fulgurantes, le Chef de Service du Développement des systèmes (SDSS) et porteur du dossier PES, le Docteur Jean Lionel JEROME, a une toute autre opinion de la situation. Dans une interview accordée au journal Le Courrier de la Nation, il explique : le PES est un nouveau modèle de prestations des soins et services de santé par rapport à l’ancien modèle le Paquet Minimum de Services/PMS, donc, à partir de la validation par l’autorité sanitaire nationale (DG, Ministre) toutes les prestations de soins et services de santé offertes en Haïti sont réputées s’inscrire dans le cadre du PES. Cependant, il faut reconnaître que certains prescrits du PES ne sont pas encore implémentés comme par exemple les ESF (équipes de santé familiale) ou le respect du ratio de 1 ASCP pour 1000 habitants. Toutefois, il faut noter que la DOSS utilise les normes d’infrastructures du PES pour évaluer les institutions candidates à l’autorisation de fonctionnement. Selon l’ancien Directeur Départemental il n’existe aucun blocage dans l’implémentation du PES, il faut reconnaître que l’implémentation du PES est un processus graduel, évolutif et progressif.

Donc, on doit s’attendre à ce que l’implémentation totale prenne au moins 5 ans; le temps de mettre aux normes toutes les institutions sanitaires publiques et privées, argue le Chef de Service du SDSS. Alors que l’accès aux services et soins de qualité est encore embryonnaire le spécialiste en santé publique tente d’établir l’équilibre, la population en général en est bénéficiaire dans la mesure que l’application des normes du PES est une garantie de qualité et de standardisation des soins et services de santé pour toute la population. Aujourd’hui le coût d’un accouchement physiologique dans un SONUB (Soins obstétricaux et neonataux d’urgence de base) est aux environs 5000 Gourdes. Comme il est stipulé dans la Politique Nationale de Santé, le PES préconise la couverture universelle de santé (CUS) puisque le PES est intimement lié avec la mise en place des UAS (Unités d’Arrondissements de Santé), la DOSS travaille sur la mise en place des UAS tout en poursuivant la divulgation et la dissémination du PES, a martelé Docteur JEROME.

Le PES, quoique décidé à faire ses premiers pas, nécessite d’un parapet pour éviter sa chute. Avec environ 4,8% du maigre budget national alloué à la santé il n’y aura pas assez de budget pour l’implémentation complète du PES.

Seide Putnam LOUIS-JEAN

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