LAISSER DES MALADES MENTAUX EN PLEINE RUE: QUOI DE PLUS INHUMAIN ?

Partout en Haïti, les rues représentent des véritables centres psychiatriques. Les malades mentaux de toute sorte y demeurent. S’il y a quelques rares qui ne sont pas violents, la majorité d’entre eux menacent souvent la vie des gens lucides et mêmes parfois les leurs. Malgré tout, les responsables du secteur de la santé en Haïti ne prennent  aucune mesure pour sécuriser la population et protéger la vie des malades mentaux.

Le nombre des malades mentaux ne cesse d’errer dans les rues, a-t-on constaté. La majorité de ces personnes vulnérables et fragiles qui constituent un danger pour l’ordre public, survienne quotidiennement à travers les rues. Des hommes et des femmes à l’écart d’un système de prise en charge. Parfois, Ils boivent dans des canaux d’irrigation, dans des rivages. Ils mangent dans des vaisselles insalubres et souvent sur les tars d’immondices. Ils s’allongent sur des haillons servant de draps et de lit. Ils déambulent sur le macadam à pieds nus et souvent dépourvus de vêtements. Des conditions de vie alarmantes qui aggravent leur santé physique en plus de leur santé mentale.

Certains facteurs sont déterminants dans la multiplication des troubles mentaux en Haïti, ce qui aggrave la situation quotidiennement. Les catastrophes naturelles, l’extrême pauvreté qui  pousse les habitants vers la consommation abusive des substances psychoaffectives, dont les effets à long terme sont destructeurs, étalent les causes de cet accroissement de la situation. 

Quels impacts ?

Parfois, leurs comportements agressifs ne sont pas sans effets. Ils menacent souvent la vie des femmes, des filles et des enfants qui circulent en pleine rue. Ces gens vulnérables par rapport à la violence physique ne sont pas protégés par rapport à ces malades mentaux. Ce calvaire est aussi vécu par les familles et les proches des victimes qui sont, dans la majorité des cas, impuissants face à ces situations qui se transforment en véritable bagarre. Dans la majorité des cas, pour résoudre le problème, ils se sont obligés d’abandonner les malades dans des centres psychiatriques. Malgré cet abandon familial, il est aussi évident que cela a de véritable impact sur le fonctionnement de la famille. 

Par ailleurs, les moqueries des gens lucides augmentent parfois leur niveau d’angoisse et de violence. Les commentaires insolents provoquent aussi des réactions violentes. Ils se sont battus par des gens malformés qui se sentent menacés par leur présence.  Rejetés par la société, ces malades mentaux représentent un fardeau social.

 L’irresponsabilité de l’Etat

Malgré les différents combats menés par certains professionnels en santé mentale sur l’importance de prendre en charge les malades mentaux en Haïti, cette catégorie de personnes devient beaucoup plus méprisée au jour le jour. Jusqu’à date, il n’existe pas aucune loi régulant les problèmes liés aux malades mentaux en Haïti. Et malgré la prolifération des cas de maladies mentales, il n’existe que deux (2) centres psychiatriques dans la région métropolitaine. L’hôpital Défilée de Beudet, située à 22 kms de Port-au-Prince, a une capacité limitée de 120 lits. Et le centre psychiatrique Mars&Kline, situant au cœur de la capitale avec une capacité de 60 lits.

Apres l’hébergement forcé de ces psychopathes, il revient à leurs parents de leur nourrir. Les conditions sanitaires laissent à désirer. Il n’y a pas une politique permettant de faire des appuis psychociaux et de les réinsérer au sein de la famille d’accueil  après la période de soin. 

             CP : latimes.com/ Un malade mental dans un centre psychiatrique en Haïti

En 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), estime que les troubles mentaux représentent près de 12% de morbidité mondiale et d’ici 2020, ils seront responsables de près de 15% de la perte  d’année de vie corrigées de l’incapacité. Doit-on attendre 2020 pour célébrer le chiffre ?

Widelie Carlvanie OLIBRICE

Psychologue/ Journaliste

4 commentaires

    1. C’est à nous de continuer à faire des plaidoiries pour le respect de la dignité de ces personnes vulnérables.

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