FAUTE DE FORMATION, ON EST VULNERABLE EN CAS D’ACCIDENT.

Accident de la voie publique, de la maison et du travail, chaque jour on est confronté  à de nouveaux cas. Savoir comment aider quelqu’un qui a avalé un corps étranger, une personne inconsciente ou celle qui est victime d’un arrêt cardio-respiratoire, tout cela est nécessaire  pour sauver des vies. Pourtant, l’Etat ne prend  pas de dispositions pour former la population haïtienne sur les techniques de premiers soins, ce qui augmente chaque jour le nombre des victimes et des personnes à mobilité réduite.

Crédit Photo : affichesgesst.ca

Les techniques de premiers soins sont ces ensembles de procédés médicaux d’aide d’urgence donnés aux victimes par une personne qui n’est pas forcement un médecin. Savoir et savoir-faire, le/la secouriste développe une habilité de reconnaitre les situations dangereuses, d’alerter les autorités concernées et d’éviter l’aggravation de l’état de la victime en attendant les soins médicaux.

Etat de choc, arrêt cardio-respiratoire et respiratoire, trouble de la conscience, brûlure, plaies, fracture, entorse ou luxation, atteinte du squelette, hémorragie, asphyxie, obstruction brutale, les situations d’urgence nécessitant les premiers secours sont diverses et variées. Toutefois, il suffit d’une réaction adaptée pour limiter, prévenir ou écarter les dangers.

Les accidents de la vie courante occasionnent près de 1,35 millions de morts chaque année (OPSOMS Haïti). Dans un rapport publié par Stop Accident, de la semaine du 27 Mai au 02 Juin 2019, près de 13 personnes ont trouvé la mort dans des accidents de la voie publique, dont 9 sur la route nationale #2 et 62 blessés ont été provoqués  par 21 accidents. Des chiffres non exhaustifs qui alourdissent le tableau des victimes des accidents de la route ces derniers temps. Et selon la Banque Mondiale, les accidents de la circulation sont la première cause de mortalité chez les 15 à 29 ans.

Les dangers méprisés

Sur les plages publiques et privées, dans les piscines, il est rare de constater des cordes de sauvetage en cas de noyade pouvant aider le/la victime à s’épargner du danger de mort. Les responsables de ces espaces se sont contentés de mettre des barrages pour limiter les espaces de grandes profondeurs mais, le risque est encore là. On n’est pas souvent écarté des dangers.  De plus, sur les grandes routes nationales, les policiers/ères routiers/ères sont absents/es. Dans la majorité des cas, en cas d’accident de la route, on est obligé de transférer les victimes dans des centres hospitaliers dans de grandes villes, ce qui contribue à l’aggravation de la situation des blessés/es.

De plus, les enfants de la classe de Jardin d’enfants et primaire sont vulnérables par rapport à certains accidents. Parfois, ils avalent des corps étrangers. Ils aiment se bagarrer entre eux. Malheureusement, les professeurs ne sont pas sensibilisés ni formés aux gestes de premiers soins afin d’éviter de se trouver désarmé devant des situations d’urgence.

En cas d’accident de la route, les témoins ne savent pas comment gérer la situation. Ils/elles volent aux secours des victimes sans penser à certains gestes qui peuvent avoir des issues dramatiques. Les femmes enceintes sont souvent à risque, car on ne sait pas comment protéger leur grossesse en plus de  l’accident. Et une femme en pleine ceinture qui soit mal placée en position latérale de sécurité avant l’arrivé d’un plus compétent peut courir le risque d’être une double victime.  En outre, la majorité de la population n’a pas connaissance des numéros d’urgence à alerter en cas d’accident.

Des moyens pour s’en sortir

De nos jours, la majorité des cas d’accidents sont produits par des chauffeurs de motocyclettes qui ne connaissent pas les règles de la circulation. Ils conduisent mal. Et en cas d’accident, ils s’apprêtent à vider les lieux pendant que les victimes restent par terre sans  aucune aide.  Et l’Etat ne prend aucune mesure pour contrôler ces genres de situations dramatiques. Ainsi, les responsables étatiques devraient s’intéresser à sensibiliser et former les chauffeurs sur les règles de la circulation et les comportements à avoir en cas d’accidents de la route.

Par ailleurs, les responsables de la police nationale pourraient s’intéresser à augmenter le nombre des policiers/ères routiers/ères formés/es en premiers soins afin de secourir les victimes en cas d’accident surtout sur les routes nationales et les zones reculées. En outre, les responsables de l’éducation nationale devraient ajouter des modules de formations sur le secourisme pour les élèves au niveau de secondaire afin de commencer avec les formations à la base.

Peine de constater que ce manque de formation a provoqué d’énormes dégâts et de lourdes pertes en vies humaines lors du séisme du 12 janvier 2010. Par souci de sensibilité, les proches des victimes en état de déshydratation leur ont donné des liquides pendant qu’ils se trouvaient sous les décombres ou s’en sortent à peine. Une situation qui aurait pu être mieux gérée si la population était informée sur l’ensemble des comportements à adopter pour des cas précis. 

Widelie Carlvanie OLIBRICE Psychologue/journaliste/Secouriste communautaire

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