INCINÉRATION DES DECHETS, CE PHÉNOMÈNE QUI NOUS TUE SILENCIEUSEMENT!

La mauvaise gestion des déchets continue à détériorer l’environnement et la vie humaine. De l’utilisation de ces produits qui ne sont pas faciles à détruire jusqu’à leur incinération, chaque jour la pollution de l’air augmente la prolifération de diverses maladies. La santé humaine devient de plus en plus dangereuse. Comme ce phénomène est un tueur silencieux, on s’en préoccupe peu. Pourtant, les conséquences de ces actes peuvent un jour irrémédiablement rendre la vie de l’homme beaucoup plus difficile.

 CP : ATC MASK

De nos jours, les tas d’immondices sont devenus l’un des phénomènes les plus menaçants que ce soit pour la vie humaine ou pour l’environnement. Les résidus solides sont devenus le plus grand danger pour le sol, l’air et l’eau, éléments importants dans la vie des humains. De plus en plus, nous utilisons des produits en plastique que ce soit dans les activités ménagères ou autres. Malheureusement, le laxisme de l’Etat haïtien constitue le principal facteur de l’aggravation de la situation.

Industriels, organiques et minéraux,  les types de déchets sont variés. Dioxyde de Carbonne, d’azote, monoxyde d’azote, dioxyde de soufre, chacun  de ces déchets produisent ces gaz qui sont dangereux pour le fonctionnement de notre système et notre environnement. De plus, la combustion des déchets ayant des nitrates d’ammonium peuvent causer des cas d’explosion. Cette explosion qui libère des gaz aussi menaçants quand elle rentre en réaction.

Le phénomène d’insalubrité en Haïti

La capitale du pays, qui est le point central des activités économiques et administratives, représente la première ville en matière d’insalubrités. Et le Cap-Haïtien, la première ville touristique du pays vient allonger la liste. Toutefois, la surpopulation qui existe à travers certaines grandes villes du pays explique l’augmentation des débris à travers les rues.

En plus, selon le magazine économique américain Forbes, Port-au-Prince est classée comme la 4e ville la plus sale au monde sur un total de 25. Et selon le 20e rapport de l’enquête annuelle de Mercer mettant en cause la qualité de la vie et le taux d’insalubrité, Haïti prend la dernière place sur les 231 pays les moins bien classées au monde en matière d’insalubrité. Et la 228e place pour les pays qui offrent une meilleure qualité de vie. Des chiffres qui mettent à nu la problématique des déchets et d’une vie malsaine en Haïti.

Une situation qui peut provoquer des cas d’accidents

À Gerald Bataille, à quelques pas du local du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS),  non loin du Nouveau Marché de Tabarre où l’on vend des produits alimentaires, des tas d’immondices s’imposent dans le paysage. Parfois, en fin d’après-midi ou en matinée, à l’heure de la circulation, les responsables de la Mairie de Tabarre viennent pour ramasser les détritus. Une situation qui occasionne des embouteillages. La deux voie est vite réduite en une seule. Les voitures des deux voies se fusionnent. Les motocyclettes se croisent avec les véhicules. Une situation qui menace la vie des passagers et même des piétons.

Si par hasard les responsables de la voirie ne viennent pas faire la collecte de ces ordures, dans la majorité des cas, on les incinère. En plein matinée, midi ou soirée, la fumée de ces déchets représente le mal de vivre pour les gens qui fréquentent la zone. Les marchands/es du nouveau marché de Tabarre qualifient cet acte de méchanceté. Cette pratique est un danger pour certaines voitures utilisant le gaz propane, qui à un moment donné, pourront augmenter le lot avec des cas d’incendie.  

En plein jour, les riverains viennent pour déposer leurs sachets de déchets. Des gens qui passent dans des différents quartiers de la zone pour collecter les déchets pour des sommes d’argent le font aussi.  En absence de la mairie pour récupérer ces détritus dans les différents quartiers de la zone, ce coin de rue est le principal dépotoir. Cependant, aucun responsable ne s’en occupe

CP : Kensly C. O.

                 

Des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé

Olerson Estassaint, chimiste, explique que l’incinération des déchets rejette des dioxines, des oxydes d’azote, des dioxydes de souffre, ou encore des dioxydes de Carbonne dans l’environnement. « Les dioxines causent des cancers du foie, du tube digestif et du sang. Elles sont responsables d’infections dermatologiques  (acnés chlorés), cardio-vasculaires, hépatiques et endocriniennes, ainsi que de troubles du développement des organes sexuels et de la reproduction. Les troubles liés aux organes sexuels sont dûs à la toxicité qui pourraient agir sur les cellules et provoque du stress, ce qui pourra dérégler les hormones sexuelles », confirme t-il.

Par ailleurs, il ajoute que le dioxyde de Carbonne (CO2) est le principal responsable de l’effet de serre qui engendre le réchauffement climatique. À rappeler que l’Organisation des Nations Unies (ONU) considère l’effet de serre comme la plus grave menace que l’humanité aurait connu au cours des prochains siècles.  » Le dioxyde de Carbonne brûle les plantes car il ne  facilite pas la libération de l’eau (H2O). Au lieu de libérer les quantités de molécules d’eau possible, il capte l’humidité  et provoque la combustion des plantes« . Donc, l’incinération des déchets contribue à la surcharge de l’atmosphère en CO2.

Mr Estassaint poursuit que les dioxydes d’azote sont produites au cours des processus de combustion. Elles sont des irritants pour les voies respiratoires. « Les oxydes d’azote sont cancérigènes et provoquent des maladies respiratoires comme l’asthme, la grippe, la rhume, les affections broncho-pulmonaires », confirme le chimiste. L’ancien de CHEMTEK  avance que les dioxydes de soufre (SO2) sont responsables d’irritation des yeux, du nez et de la gorge. Elles doublent les cas de bronchite chronique et peuvent être la cause du cancer de poumon.

Un changement qui peine encore à donner des résultats

Votée en Février 2017 par l’assemblée des sénateurs et promulguée en Septembre 2017, la loi sur la création, l’organisation et le fonctionnement du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS) remplace le Service Métropolitain de Collecte des Résidus Solides (SMCRS) crée en 1983. Ce dernier jugé trop limité dans ses zones d’interventions et ses services qui étaient seulement de collecter les résidus solides, le SNGRS assurera non seulement la collecte mais la gestion de ces résidus. Il s’établira aussi sur tout le pays à travers des bureaux dans tous les départements et les communes.

L’article 2 stipule que « Le Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), de concert avec les Collectivités Territoriales, a la responsabilité en matière de gestion des déchets solides, médicaux et à haute toxicité. Toutes activités de collectes, de transport, de triage, de recyclage, de gestion et de transformation des déchets relèvent de l’autorité du SNGRS et des collectivités territoriales ». Pourtant, environ deux (2) ans après ce changement de nom, les mêmes situations persistent. Les tas d’immondices augmentent. Les grandes villes deviennent de plus en plus insalubres. Et jusqu’à date on se demande si les responsables du SNGRS travaillent sur un plan pouvant assurer le recyclage de certains déchets biodégradables ?

 Widelie Carlvanie OLIBRICE

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