Les marchands sont tenus d’accepter les pièces de 20 et 50 centimes!

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La monnaie divisionnaire joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des économies dans la mesure où elle est constituée essentiellement des pièces et des billets de faible valeur servant aux règlements des petites transactions de la vie quotidienne. Par exemple, grâce aux pièces de monnaie, je peux payer un bien coûtant 70.50 gourdes sans qu’il y ait lieu de me rendre de monnaie. Les américains sont très réputés pour la manière dont ils gèrent leurs centimes. Cet article se donne pour objectif d’élucider le comportement des Haïtiens à l’égard de la monnaie divisionnaire.

L’économie haïtienne : une économie de prix ronds

L’économie haïtienne est une économie de prix ronds. À l’exception du taux de change, tous les prix sont ronds. Les centimes ne font plus partie du système de prix haïtien. On ne retrouve pas sur le rayon d’un supermarché, sur l’étagère d’une pharmacie en Haïti un bien coûtant 78.50 gourdes. On ramène de préférence le prix à 80 gourdes en vue de faciliter les opérations de caisse et de maximiser le profit. Au-delà de cette culture de prix ronds, les Haïtiens aiment les prix qui sont divisibles par 5. Pire, les caissiers des supermarchés, les boutiquiers, les marchands ambulants, les caissiers de l’administration publique n’ont jamais d’appoints pour toucher exactement la somme due. Ils disent toujours aux clients et aux contribuables: «  M pa gen monnen » (Je n’ai pas de monnaie). Les clients et les contribuables répètent docilement : «  Se pa anyen se 3 goud, se 5 goud » (C’est presque rien. Ce ne sont que 3 gourdes, 5 gourdes).

Campagne publicitaire de la Banque Centrale pour les pièces de monnaie

    Depuis plusieurs années, la Banque de la République d’Haïti (BRH), étant qu’institution qui a pour rôle d’assurer l’efficacité, le développement et l’intégrité du système de paiements, fait une campagne de publicité dans les medias en vue de convaincre les banques commerciales et les agents économiques de l’importance de la monnaie divisionnaire dans le fonctionnement d’une économie.

La perte du cours légal des pièces de 20 centimes et de 50 centimes

Crédit photo : http://www.jeromecollection.com

En Haïti, les marchands et les commerçants refusent catégoriquement les pièces de 20 centimes et de 50 centimes comme moyen de paiement. Un acheteur donnant une pièce de 20 centimes ou de 50 centimes à un marchand est considéré comme un faux-monnayeur, comme quelqu’un qui paie avec une monnaie qui n’a pas cours légal. Pourtant, à l’instar des billets de banques et des « adoquins », les pièces de monnaie (20 et 50 centimes) ont cours légal. On dit qu’une monnaie a cours légal lorsque les créanciers sont tenus de l’accepter en paiement. Cette affaire de cours légal, c’est du « blabla monétaire » ; la quasi-totalité des marchands haïtiens n’acceptent pas les pièces de 20 centimes et de 50 centimes comme moyen de paiement. Cette réalité montre une fois de plus qu’Haïti est un pays spécial !  

Makelot BOYER Économiste makecoboyer@gmail.com

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