LA DÉPRESSION POST-PARTUM: UNE SOUFFRANCE NÉGLIGÉE

Après l’accouchement, les femmes présentent des symptômes de dépression sortant de la tristesse jusqu’à la dépression clinique majeure appelée la dépression Post-partum (DPP). De la modification hormonale et des antécédents familiaux à un manque de soutien social, la souffrance de la mère est  négligée en raison des tabous culturels et du sentiment de culpabilité face à une situation qui devrait provoquer la joie.

         

   Crédit Photo: Bank.images

Anxieuses par rapport à des nouvelles responsabilités, débordées par les émotions, sentiments confus, certaines femmes font face à des souffrances après l’accouchement. Connue sous le nom de la dépression Post-partum (DPP) ou post-natal précoce, elle est un syndrome dépressif qui surgit le plus souvent quatre à huit semaines après l’accouchement. Elle engendre des sentiments d’ambivalence face à la maternité et au nouveau-né. Ce syndrome touche entre 10 à 20% des mères.

Symptômes

Les observations cliniques montrent que la fréquence et les symptômes de la dépression Post-partum se diffèrent des autres dépressions. La mère souffrant de ce syndrome a des difficultés de sommeil qui sont liés à l’endormissement, alors que dans les autres cas c’est le réveil précoce qui est le plus fréquent. La perte de poids est corrélée à d’autres dépressions,  pourtant elle est absente en cas de dépression post-partum. De plus, la nouvelle mère a des difficultés liées à son estime de soi. Ces problèmes sont en lien à l’identité et le rôle de cette dernière. Cependant, dans les autres cas, ils sont liés à l’image corporelle. L’humeur est plus instable dans la dépression Post-partum. Les ralentissements psychomoteurs et les comportements suicidaires y sont très rares.

La  nouvelle mère a une humeur dépressive et un manque d’intérêt pour le nouveau-né. Elle connait une profonde tristesse sans raison apparente. Elle a un sentiment de dévalorisation en croyant être une mauvaise mère. Du coup, elle a la difficulté d’établir un lien « secure » avec l’enfant. La femme souffrant de ce syndrome a une extrême anxiété surtout en ce qui a trait au bien-être de l’enfant. Elle fait face à une perte d’élan vital et un désintérêt pour les activités quotidiennes.

Les causes

Des recherches ont prouvé que la dépression Post-partum est en lien avec des antécédents familiaux. Une famille  qui a déjà connu un cas de DPP est susceptible d’en connaître des nouveaux cas. De plus, des antécédents de dépression du sujet peuvent engendrer des cas de DPP. Elle peut être provoquée par des changements de vie provoquée par l’arrivée du bébé. Des déménagements, des stress financiers peuvent occasionner des cas de dépression post-partum.

La dépression post-partum peut aussi s’expliquer par des causes physiologiques qui sont en lien avec des modifications hormonales. Des situations stressantes survenues au cours de la grossesse augmentent le risque d’être victime de ce syndrome. Et il en est de même pour les femmes ayant des complications au cours de l’accouchement. En outre, quand au moment de la grossesse la femme se trouve dans des environnements familiaux qui mettent beaucoup de pression pour qu’elle soit une mère parfaite, ça augmente son niveau d’anxiété  à cause de la peur des critiques. Le syndrome est aussi présent chez les femmes qui vivent une situation conjugale difficile.

Que faire?

Quand la mère n’est pas prise en charge, cela aura de l’impact sur le développement psychique de l’enfant. Ce dernier qui est très sensible à la qualité de l’échange que sa mère entretient avec lui au début de sa vie. Ainsi, la psychothérapie et le soutien social peuvent aider la mère à surmonter cette période difficile.

D’une part, le soutien social est l’un des éléments importants pour permettre à la mère de se soulager de ces peurs. Son environnement social doit l’aider à réaliser les taches domestiques. Elle doit faire garder l’enfant de temps à autre pour qu’elle puisse essouffler un peu. Et elle peut participer à des groupes d’entraide afin  qu’elle partage ses peurs et trouve des moyens d’en sortir. Tout cela peut l’aider à alléger les poids qu’elle ressent sur son épaule et à briser l’isolement.

D’autre part, la psychothérapie va l’aider à travailler sur ses pensées, son émotion et son comportement qui sont en lien avec l’humeur dépressive afin de l’aider à s’adapter à cette nouvelle étape de sa vie.

La dépression post-partum se diffère du Baby blues qui touche beaucoup plus de femmes. Le baby blues se manifeste dans les jours qui suivent l’accouchement soit le troisième et le septième jour. Il est bref et passager. Ce dernier est dû à cause des changements hormonaux suite à l’accouchement qui peut causer des variations de l’humeur. La mère devient émotive, anxieuse et a une crainte de ne pas pouvoir prendre soin du nouveau-né.

Source: Thérèse, M. (2001). «Femmes et santé».  La Gazette des femmes. Québec: Bibliothèque nationale de Québec.

Widelie Carlvanie OLIBRICE

Psychologue/ Journaliste

2 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.