ENCORE UN ÉCHEC SCOLAIRE MASSIF PROBABLE!

La situation politique que connait le pays ces derniers temps entraine une grande paralysie dans plusieurs secteurs d’activités. La baisse des activités socioculturelles, la fermeture prématurée de certains établissements scolaires, aucun secteur n’est épargné.  Malgré les difficultés liées à la bonne réalisation de l’année scolaire et des situations de paniques régulières, les responsables du MENFP obligent les élèves des classes officielles à respecter les dates déjà retenues, une situation qui occasionnera, peut-être, un faible pourcentage de réussite cette année encore.

Crédit Photo: hpnhaiti.com

                                            

La réussite scolaire dépend  du milieu familial, de l’environnement social, de la relation professeurs-élèves. Ces facteurs contribuent à augmenter la capacité intellectuelle de l’apprenant. Et l’absence d’un d’entre eux peut occasionner des situations qui mettent en jeu la motivation de l’élève.

La famille occupe une place importante dans le cadre des études des enfants. Les parents ont pour rôle de soutenir les enfants émotionnellement pour qu’ils puissent se relancer en moment de stress. Ainsi, la structure de la famille agit sur l’avenir des enfants. Les parents contribuent à la réussite scolaire de ces derniers. Cependant, au cours de cette année scolaire, des situations de violences dans certains quartiers ont occasionné le déménagement régulier de certaines familles. Les enfants ont été obligées de se réadapter à maintes reprises, ce qui peut causer leur mal-être et leur découragement. Ces situations occasionnent des cas d’abandon scolaire pour ceux/celles qui n’ont pas la capacité de faire face à ces moments troublants. De plus, par rapport à la pauvreté économique, il y a des élèves qui ont passé toute l’année scolaire sans aucun ouvrage. Ainsi, cette année scolaire a été marquée par des situations qui bouleversent la structure de beaucoup de familles, ce qui pourrait réduire la motivation des élèves jusqu’à causer leur échec.

L’environnement social joue aussi un rôle prépondérant dans la réussite scolaire. La présence et le soutien des amis, la stabilité de la situation sociopolitique, les loisirs, les activités parascolaires sont effectivement bénéfiques pour la réussite des élèves. Toutefois, cette année scolaire a été marquée par des bains de sang dans certains quartiers qui ont occasionné la disparition de certains élèves. Le cas le plus flagrant est le massacre à la Saline. Dans un reportage réalisé par un media de la Capitale lors des séances de rattrapage organisées par l’Université Quisqueya pour les élèves de philo au lycée de La Saline. Chacun des élèves a avoué un cas de  disparition d’un/e camarade. Une situation traumatisante qui peut être un facteur bloquant à la réussite scolaire.

Les situations sociopolitiques qui surgissent dans le pays cette année contribuent aux mauvais fonctionnements des établissements scolaires. Les élèves n’ont pas pu bénéficier de 8 mois de cours. Ils/elles sont souvent sous le stress en raison des différentes manifestations. Ils/elles perdent beaucoup de jours de classe par rapport à des moments de grèves qui se transforment en véritables « Pays lock ». Des situations qui pourraient occasionner des cas de démotivation scolaire.  

Par ailleurs, une bonne relation entre les élèves et leurs professeurs stimule la motivation et encourage l’effort. Toutefois, une meilleure relation peut devenir possible quand l’état de la santé mentale des professeurs est stable ou quand leur besoin de base est satisfait. Pourtant, cette année encore, les professeurs avaient du mal à trouver leur salaire. Jusqu’à date les professeurs de certains établissements publics n’ont pas encore reçu leur salaire du mois de Mai. Ils vivaient dans des conditions économiques difficiles. Certains/es d’entre eux/elles ont du mal à gérer leur stress familial. Des facteurs qui pourraient expliquer les mauvaises ententes entre les professeurs et les élèves.  

Selon le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), pour l’année académique 2017-2018, sur un total de  92 121 bacheliers qui ont participé aux examens de fin d’études secondaires 12 364 ont été absents. Le taux de réussite à l’échelle nationale était moins de 50%. Il  a été évalué à 41,69%. Le département de l’Ouest avait eu le taux le plus bas qui était de 35,65%. Et suivant les informations communiquées par le Bureau National des Examens d’Etat, 145 712 candidats étaient admis sur 205 940 participants/es, soit un taux de 70.75% pour le territoire national. Un léger écart par rapport à l’année précédente qui était de 72.21%. Toutesfois, on se demande si ces pourcentages seront augmentés par rapport à toutes les situations qui avaient subvenues au cours de cette année scolaire. On espère bien, mais on reste encore sceptique.

Widelie Carlvanie OLIBRICE

Psychologue/ Journaliste

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