Bac 2019: Des candidats sont encore au deuxième trimestre!

Crédit Photo : HPN

Les examens du baccalauréat ont débuté, comme prévu, le lundi 8 juillet 2019. Sur toute l’étendue du territoire national, des candidats ont été soumis aux premières épreuves. Ils sont 142 912 dont 64 593 pour le Bac régulier, 23 735 pour la deuxième session du Bac recalés et 54 584 candidats pour le Secondaire rénové à prendre part à ces examens officiels selon les statistiques du  Bureau National des Examens d’Etat (BUNEXE). Hormis certains candidats qui n’ont pas trouvé leurs fiches d’examen, il n’y a pas eu d’incident majeur aux yeux des autorités du MENFP. Toutefois, des candidats contactés par la rédaction, ont fait une révélation fracassante : ils subissent les examens officiels alors qu’ils sont encore au deuxième trimestre, d’après le programme scolaire!

Le secteur scolaire, comme tous les secteurs de la vie nationale, a été touché par les turbulences politiques et les vagues protestataires. A cause des nombreuses journées de paralysie totale des activités, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a dû modifier le calendrier de l’année scolaire 2018-2019. Les dates retenues pour les épreuves officielles ont été reportées pour permettre aux élèves de boucler le programme prévu. Malgré cette disposition, certains professeurs n’ont pas pu aborder tous les chapitres.

«Certains professeurs ne sont pas parvenus à boucler les programmes faute de temps. Ils avaient prévus de continuer les cours après la fermeture des classes mais la conjoncture politique ne leur a pas permis de passer de la parole aux actes» nous confie un élève en Secondaire IV au Collège Jean XXIII. « En tentant de réaliser les exercices des examens passés, je me suis rendu compte que j’ai vu qu’une proportion de  soixante à soixante-dix pour cent des programmes de Physique, Chimie, Biologie, Géologie, Anglais, Espagnol, Philosophie, Sciences Sociales et Créole » confesse l’adolescent en filière SVT (Sciences de la Vie et de la Terre).

Par rapport à d’autres, ce jeune est assez chanceux. Son établissement scolaire n’a pas parfois fonctionné à cause des turbulences politiques et du climat d’insécurité de la zone. Les élèves du Lycée de La Saline n’ont pas eu cette aubaine. Ils vont subir les épreuves en pensant à d’autres camarades de classe portés disparus depuis le massacre documenté par des organisations locales de défense des droits de l’homme et la Mission des Nation Unies pour l’appui de la Justice en Haïti (MINUJUSTH). Cette année, les lycées n’ont pas été épargnés.   

En plus des turbulences politiques, des absences prolongées de professeurs dans les salles de classe ont augmenté le lot de malheurs des lycéens. « La chimie minérale n’a pas été abordée par notre professeur » se plaint cette élève au lycée des Jeunes Filles. « Pour toute l’année scolaire, il n’y a eu que deux cours de Mécanique. Le professeur d’Espagnol n’est jamais venu durant toute l’année scolaire  et le cours d’Algéo (Algèbre et Géométrie) n’a commencé qu’au mois de février. Le chargé du cours a commencé à traiter uniquement les suites arithmétiques » se lamente cette jeune demoiselle qui s’est présentée comme une élève assidue et toujours présente aux cours. Pour combler ses lacunes comme beaucoup d’autres, elle a intégré des groupes de travail et participé à des séminaires.

La pratique ne date pas d’hier. Des élèves de même classe mais fréquentant des établissements différents se mettent ensemble après les cours ou pendant le week-end pour faire la mise en commun des notions abordées et partager leurs connaissances. Ce sont les fameux groupes de travail. Cette année beaucoup d’élèves n’ont pas rompu la tradition, ils se sont mis avec d’autres élèves pour augmenter leurs chances de réussite en attendant les séminaires.

Ces séances de formation accélérée au bénéfice des candidats du Bac sont organisées le plus souvent par des professeurs. Généralement au prix de mille gourdes, ils révisent avec les candidats pendant une semaine (celle précédant les épreuves). Les notions-clés sont abordés durant cette session de formation. Certains participants ne regrettent pas d’avoir fait un tel choix. «Grace aux séminaires, nous sommes mieux préparés. Certaines notions jusqu’alors inconnues ont été vues avec nous» ont-ils confessé.

Quel sera le pourcentage de réussite cette année ? En cas d’échec massif, qui faudra-t-il blâmer ?

Stevens JEAN FRANÇOIS

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