Marche pour la sécurité routière : une autre initiative de STOP Accidents!

Le Ministère des Travaux Publics Transport et Communication (MTPTC) exécutait des travaux sur la route menant à Carrefour le 4 août 2018. Comme conséquence, il y avait un énorme bouchon. Wingie Charles était attendue, elle ne pouvait se permettre d’arriver en retard. Ce jour était important, elle devait présenter sa thèse fondée sur ses observations à la salle d’urgence des hôpitaux où elle était stagiaire. Plus de 60% des patients étaient victimes d’accidents, la jeune infirmière a voulu produire sa réflexion scientifique sur ce fait et son déterminisme. Pour arriver à temps, elle a pris une mototaxi. Au niveau de Fontamara 27, le véhicule à deux roues qui la transportait a été impliqué dans un accident. Elle est passée de vie à trépas sur place. STOP Accidents saisit le premier anniversaire de ce déplorable événement pour rappeler le souvenir de tous les victimes d’accident et sensibiliser sur la sécurité routière.

L’institution va, en novembre prochain, fêter ses trois ans d’existence. Garnel Michel est revenu sur le contexte particulier de sa fondation. « Stop Accidents a pris naissance le 20 novembre 2016 parce que nous avons remarqué que la question relative aux accidents était négligée dans le pays en terme de gestion de la circulation, de gestion de la sécurité routière. Nous nous sommes rendu compte de la quantité de personnes victimes d’accident et pris conscience que toutes les catégories pouvaient être victimes. Nous avons eu des collègues, des journalistes et des médecins, des ingénieurs, des officiels, vraiment toutes les catégories qui ont subi les conséquences d’un accident. Nous nous sommes dit qu’il est important que la société se réveille par rapport à cette question. Nos recherches et discussions avec des experts nous ont montré que le problème peut être résolu. Ce qui a aussi attiré notre attention, c’est la possibilité pour ce secteur de se financer c’est-à-dire avec les contraventions, l’enregistrement des véhicules, les auto-écoles et les permis de conduire ;  le secteur peut recueillir les fonds nécessaires à son financement et son organisation. Nous nous sommes dit qu’il faut créer une telle entité pour réellement faire pression sur l’Etat et sensibiliser la population sur cette problématique qui touche les familles» a confié son coordonnateur.

Les accidents ont de graves impacts sur notre société. Dans les rangs des victimes se trouvent majoritairement des jeunes, des employés qui sont obligés de sortir pour aller vaquer à leurs activités professionnelles. Ils touchent une frange de la population active qui contribue à l’économie nationale. Fort de ces constats des citoyens ont créé STOP Accidents. Ses membres sont des jeunes, des étudiants en médecine, en sciences infirmières, en sciences juridiques et en génie. Des professionnels en administration, médecine et autres font aussi partie de l’institution qui a à sa tête un conseil d’administration. Des clubs STOP Accidents disséminés à travers la République font aussi partie de la structure qui a quatre missions principales. «Nous agissons sur la question de l’information. Haïti est le seul pays où il est difficile de connaitre la quantité d’accidents, leur localisation ou la catégorie de victimes impliqués. [Pour y remédier, ndlr]  STOP Accidents commence à mener des enquêtes, même si ce sont des enquêtes d’observation non approfondies, elles permettent cependant de dire combien d’accidents ont eu lieu, la localisation, l’identité et le nombre de victimes. La formation constitue le deuxième pilier sur lequel nous travaillons parce que les accidents ne se produisent pas dans les hôpitaux ni dans leur parage. Ils ont lieu en pleine rue et n’importe quel passant doit apporter son support. Nous croyons qu’il faut former la population en termes de premier secours, les gestes de premier secours pour savoir comment agir quand une personne est victime d’accident. Le troisième pilier est la sensibilisation parce que plus de 50% des accidents ont pour cause de mauvais comportements de chauffeurs (téléphone au volant, distraction au volant), de passagers qui demandent aux mototaxis de faire des excès de vitesse et les piétons qui causent parfois les accidents. Ces derniers traversent la chaussée n’importe comment ou ont des écouteurs qui leur empêchent d’entendre l’avertisseur des véhicules. Le plaidoyer (pour que l’Etat fasse de la sécurité routière une priorité) représente le quatrième aspect que nous abordons, le quatrième plier, le quatrième axe d’intervention de STOP Accidents» a fait savoir Dr Michel, ancien directeur du Centre Ambulancier National (CAN).

Pour exiger à l’État de prendre ses responsabilités ; pour que la population adopte de meilleurs comportements sur la route; pour que les jeunes, les femmes et les enfants ne soient plus victimes d’accidents et pour toutes les personnes victimes dont la mobilité est réduite : l’institution donne rendez-vous à la population ce 4 août 2019 à partir de 8 heures AM pour participer à une marche. Son point de départ est fixé à Fontamara 27 (là où a lieu l’accident qui a couté la vie à Wingie). Elle prendra fin avec une cérémonie d’hommage à l’auditorium de l’Université Adventiste de Diquini.  « Cette activité se déroulera dans la mémoire de toutes les personnes qui ont trouvé la mort dans des accidents » informe le responsable de  STOP Accidents.

Face au refus de l’Etat de prendre ses responsabilités et conscients de l’implication des autres acteurs empruntant la voie publique dans les accidents et leur imputabilité, les responsables de l’institution ont lancé l’invitation à venir prendre part à la marche ayant comme principal message : Que tous les acteurs agissent en personne responsables sur les routes.  Des associations de motocyclistes, des étudiants, des professionnels, plusieurs entités de la Police Nationale d’Haïti (PNH), la Croix Rouge Haïtienne, le Centre Ambulancier National, des institutions privées et humanitaires ainsi que diverses personnalités ont confirmé leur participation à cette activité visant « à solliciter de bonnes routes, le renforcement de la PNH, des hôpitaux » annonce Dr Michel.

STOP Accidents ne compte pas s’arrêter là. Son agenda est chargé. L’institution prévoit, entre autres, de : lancer une campagne nationale de sensibilisation en octobre (format émission), mettre en place la branche Nord des clubs STOP Accidents, organiser des séances de formation au bénéfice des écoliers au cours du premier trimestre  de la prochaine année académique et récolter des fonds à l’occasion du troisième anniversaire le troisième dimanche de novembre 2019.

Stevens JEAN FRANÇOIS

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