LA PROMOTION DES DROITS DE L’HOMME PEUT-T-ELLE ETRE EFFICACE DANS UN PAYS DU SUD?

Credit Photo: http://www.un.org

À l’occasion la 71 eme commémoration de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, par les 58 Etats signataires de la Charte de San Francisco. Il est de bon ton jeter un regard sur son évolution et sa mise en application par ses cosignataires. Ladite déclaration prône la liberté individuelle et le respect des droits de chacun. Invitant chaque Etat, à accorder aux individus résidant leur territoire la jouissance de ses droits inaliénables.

Ce texte n’ayant pas de force contraignante, est suivi de plusieurs pactes internationaux, qui eux, obligent les Etats contractants à honorer les contrats pris par eux. A la liste exhaustive, nous pouvons citer le Pacte International des Droits Economiques, Sociaux et Culturels et le Pacte International des Droits Civils et Politiques. Ce couplet de documents internationaux, a pour but ultime, de faire prévaloir les droits de chacun, dans le respect des normes établies. Depuis la fin du X eme siècle, le terme Homme est employé au sens d’être humain. Etant tous crées de la même manière, ils sont donc égaux, les uns vis-à-vis des autres, ils sont tous sujets d’un ensemble de droits inaliénables, tels que le droit à la vie, le droit à la liberté. Les droits économiques et sociaux s’y ajoutent afin de les permettre d’assurer leur survie.

Outre les instruments juridiques internationaux de l’organisation universelle, les Etats ont à leur disposition, d’autres textes du même domaine. Car, en raison de leur localisation géographique, ils ont pareillement intégré des organisations régionales. Ces institutions assurent de manière plus restreinte la continuité des objectifs de l’organisation universelle. Les Etats membres ont donc à leur disposition, des documents internationaux universels et régionaux.

En Janvier 1949, le Président des Etats Unis d’Amérique, Harry Truman, a catégorisé une classe de pays, dite « pays sous-développés ». Jugée péjorative par l’opinion publique, cette appellation est modifiée dans les années 1960 en un terme plus poli qu’est « pays en voie de développement », en 1970, l’expression « pays moins avancés » surgit, et, en 1980, dans un rapport intitule Nord-Sud, un programme de survie, le terme « pays du sud » est conceptualisé. Il désigne les pays les moins développés économiquement et les plus appauvris.

L’inégalité économique des Etats, n’influence en rien leur égalité devant la Loi. Ils sont donc tous soumis aux mêmes prescrits relatifs à la primauté des droits humains envers la totalité de leurs citoyens. L’accouplement droits et devoirs fait souvent coalition dans les pays du Nord, laquelle alliance entraine la primauté des droits fondamentaux des sujets de ces Etats, moyennant également les devoirs de ces derniers vis-à-vis de leur patrie.

Les populations Sudiennes ne font que s’accroitre au fil des ans, pendant que l’économie quand à elle, régresse au jour le jour.  Plongés assez souvent dans de fortes crises socio-politiques, les pays du Sud sont les plus exposés au manquement des droits fondamentaux. Le droit à la vie est assez minime, puisque les citoyens font souvent face à des situations susceptibles de mettre en péril leur vie, et les crises politiques les privent également du droit à la libre circulation, et ce, sur leur propre territoire. L’éducation n’est pas accessible à tous, seuls les privilégiés en ont accès ; la déclaration pour sa part,  invite les Etats parties, à rendre obligatoire au moins l’enseignement élémentaire, ce qui ne se fait pas toujours. Certains enfants mineurs, au lieu d’intégrer une école éducative, se voient obligés de travailler afin de répondre à leurs besoins et à ceux de leurs ascendants.

Le droit à la santé est perçu tel un objectif difficile à atteindre, en raison du manquement d’hôpitaux publics, pouvant répondre aux besoins de la population entière. La permanence des crises politiques, entraine des conséquences socio-économiques, comme l’élévation du pourcentage de chômage, le haussement du coût de la vie quotidienne, le ralentissement de l’investissement national et étranger, le domaine touristique est pareillement touché, nul besoin de spécifier que le droit du travail est loin d’être à l’abri. L’appauvrissement parcoure les rues, la couverture sociale des employés est le dernier des soucis des employeurs. Les citoyens des pays les moins avancés n’obtiennent en rien la satisfaction à leurs droits socio-économiques, comme le prescrit la déclaration. L’inaccessibilité aux droits inaliénables dans les pays du Sud s’accoutume.  Les dirigeants politiques, omettent de veiller à la protection des droits de leurs concitoyens. Néanmoins, la promotion des droits innés de l’homme n’est pas méconnue au sein de ces communautés. Ayant également adopté la Déclaration de 1948, ces Etats recrutent dans leur sein plusieurs organismes de promotion des droits de l’homme, qui se donnent pour mission de faire prévaloir les droits humains de chaque personne.

L’égalité des nations selon les prescrits du droit international privé, octroi à chaque citoyen la jouissance de tous les droits édicté  par la présente déclaration. Par ailleurs, la défaillance des Etats du Sud à assurer sa mise en application empiète grandement sur les objectifs de l’organisation mondiale. Il ne peut y avoir de paix, si le progrès social n’est pas favorisé, ni de meilleure condition de vie instauré dans une liberté plus grande. La promotion des droits de l’homme touche sa cible dans les pays appauvris, beaucoup plus que l’application en elle-même. Etant doté d’un ensemble de documents universels et régionaux, qui prônent les droits de l’homme, l’Etat manque à son obligation envers sa nation, celle de garantir l’accès aux droits inaliénables à l’homme. Toutefois, cette inaccessibilité aux droits fondamentaux ne contribue t- elle pas en grande partie  à la révolte populaire des nations ?

Saphir Paulémon

Juriste

Email : saphirpaulemon@outlook.com

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