Crise haïtienne : le secteur culturel grand perdant!

Depuis plus d’un an, la crise sociopolitique a, apparemment, atteint son paroxysme. Après les émeutes du 5 juillet 2018, il est presqu’impossible de se projeter vers l’avenir. Les nombreuses mobilisations populaires, le phénomène « peyi lòk » , la rareté de carburant et les récents mouvements de protestation des agents de la force de maintien d’ordre ne cessent d’affecter les organisateurs d’évènements culturels. Des spectacles sont annulés y compris la grande festivité carnavalesque prévue du 23 au 25 février 2020 à Port-au-Prince.

La situation d’Haïti donne des maux de tête aux amants de la culture. À cause des « peyi lòk », manifestations à répétition et tant d’autres inconvénients aucun organisateur ne peut projeter de réaliser des activités festives tant l’avenir semble incertain. Plusieurs activités ont déjà été annulées à cause de l’insécurité qui règne dans la région métropolitaine particulièrement. La peur s’installe et devient un handicap majeur au train de vie de la population.

Cette manifestation culturelle appelée carnaval est l’un des événements les plus attendus du pays. Les festivités carnavalesques réunissent artistes, artisans, designers, mannequins et des milliers de participants autour de la culture et sont une opportunité d’affaire pour plus d’un.

Cette activité se déroule en général durant le mois de février dans la capitale haïtienne et d’autres villes du pays sous un thème précis. Cette année, dans une note de presse publiée le 15 janvier 2020 et portant la signature du ministre de la culture et de la communication, Jean Michel Lapin, il a été annoncé que la capitale accueillera les festivités du carnaval national autour du thème « Ann pote kole pou ayiti dekole ». Annulées en 2019 suite à des troubles sociopolitiques, les festivités carnavalesque de 2020 ne sont pas épargnées pour des raisons similaires.

Le dimanche 23 février à la place des ténors de cette grande fête populaire des armes ont chanté, au lieu de carnavaliers c’était des policiers en protestation. Un affrontement qui a duré plus de 6heures entres policiers protestaire et les soldats de l’armée d’Haïti. Comme conséquence : l’annulation des festivités carnavalesque à Port-au-Prince par le ministère de la communication et de la culture afin d’éviter un bain de sang. Dans les autres régions du pays la participation de la population aux jours gras a été très maigre. Artistes, artisans, stylistes, marchands sont grandement touchés par cette annulation.

Le secteur culturel va survivre?

Christella FRANÇOIS

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