Coronavirus et Hygiène: Le Coronavirus, pourrait-il contribuer à un réel changement de comportement de l’haïtien?

Le nouveau coronavirus détecté en chine à Wuhan depuis tantôt 3 mois, continue de dominer le monde et de dicter sa loi aux Chefs d’Etats et aux grands chercheurs du monde entier qui restent jusque là; impuissants, face à cette pandémie calamiteuse. Depuis hier, officiellement, il y a deux cas de contamination recensés en Haïti. Comment la communication pour le changement de comportement pourrait contribuer à sauver des vies en s’inspirant des mesures préventives pour lutter contre le COVID-19?

Dans un adage tiré dans  Le Mulet venant de sa généalogie, Fables, 1668-1694, Jean de La Fontaine nous a appris qu’à quelque chose malheur est bon. Et effectivement, souvent l’on tire de ses malheurs des avantages que l’on n’aurait pas obtenus sans eux, comme ça a été le cas avec le séisme du 12 Janvier 2010 qui a poussé à une remise en question des normes de construction.

« Mikròb pa tiye Ayisyen » le credo de tous les haïtiens qui ne veulent pas consentir des efforts pour pratiquer les règles d’hygiène pour leur protection et celui de leur entourage. Les Africains diront « ce qui tue l’âne nous rend malade ». Des comportements qui déterminent directement ou indirectement notre espérance de vie. Pendant ce temps, les autorités sanitaires s’activent dans une série de mesures préventives, en appliquant les règles d’hygiènes habituelles visant à limiter la contagion. 

Alors qu’on concentre toute notre synergie dans l’application des règles d’hygiènes basiques, relatives au lavage des mains et tout ce qui va avec, d’autres paramètres avant et après le coronavirus devraient aussi nous intéresser afin de doter enfin la communauté haïtienne, piétons ou automobilistes, la possibilité de vivre comme des humains.

La promotion de la santé et du bien-être de l’individu n’est pas seulement une affaire du Ministère de la santé Publique, elle va aussi au delà des mesures prises par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales de fermer les points d’entrée sur le territoire à l’heure du Coronavirus. Rares sont des voitures qui se lavent dans les stations de lavage de voiture (CarWash), la plupart des voitures sont lavées sur la voie publique, de plus l’eau utilisée pour ces lavages provient directement du caniveau.

En Haïti, les piétons, les deux roues et même des automobilistes souvent tirés à quatre épingles confrontent quotidiennement  cette situation, où ils se font éclabousser par des laveurs de véhicules aux bords de la route, en se faisant imbiber les lèvres et les joues avec de l’eau usée propulsée par une pompe électrique, bien aidée par les alizés. Quel est le rôle de l’état face à de telles dérives pour soulager les passants?

A coté de l’hygiène corporelle, l’hygiène alimentaire devrait être aussi au centre des débats. La pauvreté et l’inflation oblige plus de 90% de la population haïtienne à se livrer à une restauration des rues (fast food/plats à emporter). Des pâtés chaudières (pate kode), des fritures sont entre autre une mode de vie qui rentre dans le quotidien haïtien. Une alimentation pour soulager la faim mais pas sans risque, puisque dans certains endroits, la main qui sert à manger reçoit aussi de l’argent qui est une source de microbes, sans compter la poussière et les gaz toxiques et polluants, émis par les véhicules, auxquels s’ajoutent les mouches, le vecteur de microbes par excellence.  La Santé Publique a-t-elle un rôle à jouer dans ce que nous consommons? 

Si vraiment à quelque chose malheur est bon, Haïti, pourrait-elle bénéficier de cette situation d’un réveil citoyen en passant par la restauration de l’autorité de l’état pour pouvoir colmater les autres sources de microbes qui représentent un danger quotidien pour la nation?

Seide Putnam LOUIS-JEAN

putnamlouisjean@gmail.com

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.