La logique capitaliste néolibérale face au COVID-19

Le nombre de personnes infectées et de morts n’ont pas cessé d’augmenter après le passage de l’épicentre du Corona virus 2019 de la Chine vers l’Europe mi-février 2020. Depuis, l’humanité, sur la quasi-totalité du globe terrestre, fait face à une crise sanitaire qualifiée de crise humanitaire depuis 1945 selon l’Organisation des Nations Unies (ONU). Selon le bilan établi par les chercheurs du Centre pour la Science et l’Ingénierie  des Systèmes de l’Université Johns Hopkins de Baltimore, le 6 avril 2020, il a eu 1 276 302 cas de contamination au coronavirus Sars-CoV-2 dans 180 pays et territoire.  Conséquemment, pour diminuer la propagation du virus une mesure d’arrêt total de toutes activités socio-économiques dans 70% de la communauté mondiale a été prise par les autorités compétentes. En effet, Église, École, Industrie, Parc etc sont tous fermés. Les rendez-vous sportifs, diplomatiques, festifs, d’affaires, sentimentaux, ont tous été reportés. En moins d’un trimestre, l’économie mondiale enregistre une brutale rupture du système productif mondial.  Problème d’approvisionnement, de production, et de distribution. Accompagnée d’un fort vent de panique sur les marchés financiers la pandémie entraîne  une crise boursière qui, selon plusieurs, dépassera longtemps celle de 2008 en ampleurs. À la manière de Frédéric LORDON, le COVID 19 serait-il un « accusateur »  révélateur des effets désastreux des politiques néolibérales ?

Par souci de ralentissement de l’activité économique les gouvernements ont pris du temps pour apporter des réponses de contrôle sanitaire, d’identification, d’isolement, et de limitation des échanges, qui auraient pu juguler la propagation du virus, nous dit Daniel TANURO, dans « PRESSE-TOI À GAUCHE ! ». Donc, comme toute démarche néolibérale, dans la genèse de l’épidémie, les dirigeants se sont préoccupés de la production du capital au détriment du bien être de leur population. D’où une inefficacité manifeste quant à la réduction de la propagation du virus, puisqu’une rapide réaction est une attitude efficace en faveur de la maîtrise d’un virus. De plus, les conséquences des mesures d’austérité dans le secteur sanitaire prises  par des autorités étatiques une trentaine d’années plus tôt se sont sévèrement manifestées avec le COVID-19.  En effet, de 1975 à 2013, l’Italie est passée de 10.6 lits en hôpital pour 1 000 personnes à 2.6. Alors qu’en Grande Bretagne le nombre de lits en hôpital a diminué de 30 % de 2000 à 2007.

Alors que le port de cache-nez est un bon moyen pour limiter la propagation du virus, des milliers de familles n’arrivent pas à y avoir un accès gratuitement faute de moyens économiques, puisque la production marchande donne le ton dans les sociétés capitalistes néolibérales. Pire encore, les puissances internationales ont peine à travailler coude à coude en faveur d’un vaccin pour combattre le COVID-19 par souci de concurrences, car l’importance n’est pas seulement de trouver une solution mettant un terme à cette pandémie, mais c’est aussi, et surtout, d’être le premier à présenter une offre marchande de cette solution sur le marché.

Tandis qu’une réalisation de masse de test parait être l’une des stratégies les plus efficaces en faveur de la réduction du nombre des contaminés (nous dit l’OMS et des experts de la BBC), dans la majorité des pays se tester du Corana virus est un service marchand, puisque dans le capitalisme néolibéral les valeurs humanistes, sociales et écologiques sont soumises au rendement économique, comme l’eut à dire Dominique PLIHON. Donc, dans une telle situation et avec une telle logique les pays n’arrivent pas à bénéficier des avantages d’une détection précoces des contaminés.

Selon David KOTZ la logique capitaliste néolibérale prône les choix individuels, la propriété privée et le marché. Aussi, elle se fonde sur la libéralisation des entreprises et des marchés, la privatisation des entreprises  publiques et services publics, et la stabilisation des prix. De plus, elle s’inscrit dans la dynamique de quatre principes, à savoir, le capital occupe la position dominante, la concurrence entre les capitaux est sans limite, le capital financier est largement autonome vis-à-vis du capital productif, et l’État joue un rôle limitatif dans l’économie. Donc, inscrire les actions et les comportements des autorités étatiques de la communauté mondiale face à la pandémie du Corona virus dans la logique du capitalisme néolibéral, permet de mieux appréhender les comportements des dirigeants étatiques et des entrepreneurs face a la propagation du Coronavirus dans le monde, facilite une meilleure compréhension de la pertinence de la crise financière occasionnée par le virus et aussi de la course acharnée entre les puissances politico-économiques pour trouver un vaccin. Toutefois, les conséquences néfastes de cette crise sanitaire sur le système productif capitalisme, n’est pas la première crise à laquelle le système doit faire. Toute son évolution est marquée par de nombreuses crises auxquelles il a du faire face et a dû se transformer pour s’adapter. Par conséquent, post Corona le système économique mondial devra agir vite et bien s’il veut rester debout.

Anna JOVIN

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