Rara : La tradition frappée d’interdit!

Dans le but de protéger la population contre le coronavirus, le chef de l’Etat avait pris la décision d’interdire toute manifestation « culturelle »  pouvant réunir plus de 10 personnes. Entre-temps, la période des fêtes  pascales est arrivée. Le mot d’ordre n’a pas changé pour autant. Certains chefs de bande (président Rara) se disent prêt à respecter les consignes des autorités sans conditions préalables. D’autres  en font peu de cas de cette situation. Entre le respect de la tradition et la restriction, quelle est la réalité dans le département de l’Artibonite cette année ?

La propagation du coronavirus a tout chambardé. Le sport, la politique, la culture sont perturbés. Même les traditions ne sont pas respectées. Chaque année à pareille l’heure, des dizaines de milliers de  personnes sont mobilisées pour danser leurs bandes favorites à travers le pays en particulier dans le département de l’Artibonite.  C’est un rendez-vous annuel à ne pas manquer sous aucun prétexte pour les fils et filles du département.

Gwo Bouzen , Reken , La flè Mapou, la Fleur du Jour , Saint du Ciel , Bon Jenjan , Bon Bredjen, Krèv kè, Fèk Parèt , Jou malonje , Etoile Filante de Pont Sondé, Tisina  la Sainte Famille, pour ne citer que ces bandes offrent chaque année une ambiance festive à des milliers de fans venus d’ici et d’ailleurs. Car, cette tradition reste  et demeure la plus grande manifestation culturelle dans le département de l’Artibonite. La venue du coronavirus a tout changé cette année. Quelle est la situation ? Entre le respect total de cette tradition, et les mesures prises par les autorités pour combattre la propagation du virus les avis sont partagés. 

« Dans le département de l’Artibonite cette période est réservée aux fanatiques du RARA. Mais face à la propagation du coronavirus, nous sommes obligés de respecter les mesures prises par les autorités pour protéger la population face à cette pandémie. Donc, vu la situation, nos fans vont devoir attendre l’année prochaine pour danser en toute quiétude  » a déclaré l’un des dirigeants de Jou Malonje de Liancourt. « Nous sommes des dirigeants responsables, nous n’allons pas mettre en danger la vie des milliers de nos fans inconditionnels »  a-t-il ajouté. 

Parallèlement, d’autres dirigeants de bandes ont une position beaucoup plus nuancée. « Contrairement aux années précédentes, nous n’allons pas parcourir des kilomètres pour plaire nos fans. Cependant, les musiciens et les membres réuniront dimanche dans le grand quartier général pour jouer pendant des heures pour le plaisir des gens » affirment ces durs à cuire.

 L’exception qui confirme la règle. Si les dirigeants de Jou Malonje  de Liancourt, la Fleur du Jour de Moreau Drouet  et j’en passe, ont refusé de mettre en péril la vie des gens de leur quartiers et d’ailleurs à l’ère du coronavirus d’autres comme ceux de « Bon Jeune gens » ont fait exception à la règle. Ils ont pris le risque. C’est le plaisir qui compte. Tout le reste vient après. En ce sens, les musiciens, les fanatiques, les dirigeants se sont donné, comme d’habitude, rendez-vous pour une ambiance à nul autre pareil en dépit des interdictions. 

Les responsables de certains commissariats ont fait de leur mieux pour faire appliquer les mesures préventives adoptées par les dirigeants dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Hélas ! Ça n’a pas été chose facile. Ils ont saisi les instruments des musiciens. Cependant dans certaines régions reculées du département, certaines bandes n’ont pas été dérangées et ont investi les rues. .

 Jodel ALCIDOR

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