Haïti- Agriculture : Les planteurs du bas l’Artibonite face au dilemme de la sécheresse et de l’insécurité

Le département de l’Artibonite représente un joyau dans le domaine de la production agricole particulièrement la riziculture. À l’image du pays, les agriculteurs de cette région font de plus en plus  face à de sérieux problèmes. Ils ne savent pas à quel saint se vouer pour tirer leur épingle du jeu entre la sécheresse et l’insécurité grandissante sans oublier l’absence des infrastructures.

Pour réussir une récolte, les paysans de la vallée l’Artibonite doivent, désormais braver le danger. Outre la carence des semences, de mains d’œuvres, des intrants et des machines agricoles appropriées, les planteurs de l’Artibonite, notamment ceux du bas Artibonite doivent livrer une belle bataille contre la sécheresse et l’insécurité. Indignés, certains planteurs menacent de tourner le dos à cette activité qui exige beaucoup et qui rapporte de plus en plus moins.

La sécheresse est un problème récurrent.

Une plantation de riz nécessite une présente constante d’eau. Cependant, chaque année à pareille époque c’est la même rengaine dans la vallée de l’Artibonite: l’absence de l’eau dans les différents canaux d’irrigation. Pourtant, les dirigeants (locaux et nationaux) ne cessent de faire des promesses mirobolantes à des pauvres planteurs qui attendent impatiemment les réalisations. Les problèmes restent et demeurent entier. Malgré le passage de la Caravane du changement la situation reste telle qu’elle était.

Force de constat, les présentateurs de l’émission « KOZE PEYIM de la radio Tête-à-tête à Saint- Marc –Département de l’Artibonite -ont interrogé, le jeudi 30 avril 2020 l’un des responsables au niveau du département à ce sujet. Ce dernier, comme ses prédécesseurs a promis une fois de plus de curer sous peu les 150 kilomètres de canaux permettant d’arroger les terres. 

«Ce travail nécessite une enveloppe d’environ quatorze millions de gourdes pour approvisionner uniquement les engins lourds en produit pétrolier.  Outre cette somme, nous devons payer les opérateurs sans oublier la maintenance des matériels. Pour l’instant nous avons uniquement les matériels qui sont à notre disposition » a fait savoir le responsable de l’ODVA soulignant par ailleurs le problème de l’insécurité.

L’insécurité

 La sécheresse n’est pas le seul problème des planeurs. Parallèlement, les bandits gagnent du champ, dictent leurs lois et sèment la terreur dans certains endroits. Ils doivent courber aux exigences des groupes armés. Sinon, ils perdent tout.

« En plus de mon temps, j’ai investi mon argent pour préparer cette récolte. Pourtant cela ne suffit pas. Pour récolter, il faut payer à prix fort les groupes armés » a déclaré un planteur qui a réclamé l’anonymat pour se protéger.

Riziculture, quel avenir?

À vieille de la célébration de la traditionnelle fête de l’agriculture et du travail (1er mai) certains planteurs dressent un tableau sombre de la situation au niveau de bas Artibonite à l’heure actuelle. Fatigués par cette situation, certains planteurs n’ont pas écarté la possibilité de tourner dos à cette activité qu’ils pratiquent pourtant depuis plusieurs décennies. Tel comportement pourrait envenimer la situation notamment après le passage de l’épidémie du coronavirus.

ODVA indexé

Si les organisations dans le département de l’Ouest ont annulé leurs marches pacifiques prévues pour vendredi 1er mai 2020 en raison du coronavirus pour d’autres c’est le contraire. Les dirigeants de l’Artibonite n’auront pas la carte blanche. Puisque, les planteurs de  la localité de Jean Denis annoncent une journée de mobilisation à l’occasion de la fête du travail pour protester contre les responsables de l’Organisme de développement de la vallée de l’Artibonite (ODVA).

Jodel Alcidor

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