Haïti –Liberté de la presse : Quand l’agression des professionnels de presse devient monnaie courante sous le règne du PHTK & CO

Des agents de la Police Nationale d’Haïti ont passé à tabac le journaliste Georges Emmanuel Allen dans la nuit 28 avril 2020 à Delmas. Cette action malhonnête et inhumaine vient augmenter la liste de professionnels de presse victimes de toutes sortes d’agressions depuis l’accession de l’équipe TET KALE & CO au pouvoir. 

Photo Logan Abassi UN/MINUSTAH

La liste des journalistes victimes sous le règne de PHTK s’allonge. En revenant de la Radio Caraïbes le mardi 27 avril dans la soirée, le présentateur de « l’Invité du MIDI »  Georges Emmanuel Allen a été agressé puis bastonné par des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui montaient la garde à Delmas 33 dans les environs de l’Hôpital Universitaire la Paix sous les yeux impuissants  d’un ancien ministre TET KALE .

Les policiers ont accusé le journaliste d’avoir violé l’une des mesures préventives que les autorités ont instaurées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus : le couvre-feu. Alors que, le seul péché que le journaliste dûment identifié ait commis a été de  refuser d’accepter une injustice policière. 

Une agression de plus, une agression de trop. Les travailleurs de la presse notamment les journalistes n’ont pas la partie facile sous le règne de cette équipe. Ils sont nombreux à avoir été victimes pendant les huit ans du PHTK & CO. La disparition du photojournaliste Vladimir Legagneur, les assassinats de Rospide Pétion et Néhémie Joseph, les agressions faites contre les journalistes de la radio Télé Zénith Lunie Joseph, Yvenson Jouivil et Jacquelin François en particulier, l’incendie de la radio Kiskeya , l’attaque contre les véhicules de certains médias de la capitale sans oublier la blessure par balle du photojournaliste, Chery Dieu-Nalio au Sénat de la République par le sénateur Ralph Fethière, les nombreux journalistes blessés alors qu’ils couvraient des manifestations de l’opposition … sont autant de faits qui prouvent clairement que sous la dynastie  du PHTK les travailleurs de la presse ne sont pas de tout repos. Pour preuve, Haïti ne fait reculer dans le classement mondial de la liberté de la presse (rapport MSF 2020).

Des enquêtes toujours sans suite 

Ouvrir une enquête sur un dossier en Haïti est une nouvelle façon de le classer sans suite. Pour toutes les agressions susmentionnées, les autorités avaient promis d’enquêter afin de déterminer les coupables. Cependant, le pays attend depuis plusieurs mois déjà le résultat de l’assassinat de Rospide Pétion et de Néhémie Joseph, de la disparition de Vladimir Legagneur et j’en passe. Ces dossiers sont en souffrance dans les tiroirs alors que les agresseurs, les tueurs circulent comme bon leur semble. Ils n’ont pas de quoi s’inquiéter. Cette mauvaise attitude montre clairement que les actuels dirigeants n’ont manifesté aucune volonté de freiner les actes d’agressions, d’assassinats et de bastonnades dont sont victimes les journalistes. Car, depuis quelques temps, les malfrats ont pris pour cible les professionnels de la presse. Et cette situation est devenue une normalité.

L’agression de Georges Emmanuel Allen par des policiers dont les identités peuvent facilement être  retracées devrait servir d’exemple à tous ceux et celles qui nourrissent l’idée de frapper un journaliste ou toute autre personne.

L’ANMH et l’AMIH se positionnent 

L’ANMH et l’AMIH ont fait leur devoir. L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH)  et  l’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH) ont toujours condamné avec la dernière rigueur la violence faite contre les journalistes et les médias. Comme d’habitude, dans une note commune publiée peu après l’agression physique perpétrée par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) contre Georges Emmanuel Allen les deux associations ont levé leur voix .

De plus, l’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH) et l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) exigent du gouvernement et de l’Inspection Générale de la PNH l’ouverture d’une enquête sur cet incident, l’identification des éléments impliqués dans les violences et l’annonce de sanctions contre les fautifs.

Par ailleurs, l’AMIH et l’ANMH rappellent à toutes les autorités civiles et policières que la Constitution de la République en son article 28-1 est claire et dispose que l’exercice de la profession de journaliste « ne peut être soumis à aucune autorisation, ni censure, sauf en cas de guerre ».

Des conséquences 

Ces agissements malhonnêtes ont de graves conséquences sur la perception du pays dans l’international. Pendant les trois dernières années Haïti ne fait que reculer au classement mondial de la liberté de la presse. Selon le dernier classement publié, Haïti occupe la 83e place sur 180 pays alors qu’elle occupait la 60e place en 2018.

Jodel ALCIDOR

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