Village de Dieu : OPC rappelle le PM à l’ordre !

Au cœur de l’actualité, la situation des gens habitant le Village de Dieu n’a pas laissé indifférent l’Office de Protection du Citoyen (OPC) qui a passé, dans son dernier rapport baptisé « Regard de l’OPC sur la situation inhumaine des habitants à Village de Dieu/ Bicentenaire », aux peignes fins  la vie des gens dans cet espace.

Crédit Photo: Page Facebook de l’OPC

L’Office de Protection du Citoyen (OPC) a publié cette semaine un rapport d’enquête (Regard de l’OPC sur la situation inhumaine des habitants a Village de Dieu/ Bicentenaire) d’environ douze pages sur la situation des gens de Village de Dieu, localité située à l’entrée Sud de la capitale non loin de l’hémicycle, de la primature, du Palais de justice et du palais national, mais pourtant les gens qui y habitent se trouvent dans une situation qui ne peut convenir qu’a la bête : sans eau potable, sans les soins de santé de base et les logements sociaux .

OPC inquiet

Alors que les autorités ont exhorté la population de respecter les mesures de restrictions prises pour contenir le coronavirus, le  vendredi 24 avril 2020, le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Lucmane Delile a lancé, depuis la résistance officielle du premier ministre Joseph Jouthe, un ultimatum aux habitants de Village de Dieu de quitter la zone dans 72 heures sinon les autorités ne seraient pas responsables de ce qui pourrait leur arriver.

Selon l’OPC, le 27 avril, en début d’après-midi, des journalistes et des enquêteurs de l’OPC ont constaté que de nombreuses familles du village, composées en grande partie de femmes, d’enfants, de personnes âgées, ont commencé à abandonner la zone. Il est évident que personne n’est en mesure de connaître la destination de ces familles qui vivaient déjà dans des conditions difficiles, inhumaines, terrorisées par les bandits armés, et menacées psychologiquement par l’ultimatum du ministre de la Justice.

Cette migration involontaire, sans planification et sans présence de l’Etat, selon l’OPC, favorisera une détérioration de la situation de ces familles en cette période de confinement face à la pandémie du coronavirus. Peut-être qu’elles seront obligées de se réfugier sur les places  publiques, et exposées à toutes formes de criminalité (vols, viols et agressions sexuelles).

Aujourd’hui encore, précise le rapport, aucune information n’est disponible auprès des autorités étatiques quant aux droits des gens qui ont abandonné le village et laissant derrière eux tout ce qu’ils possédaient. Le sort de ceux qui ont accepté de rester au village malgré vents et marées, est aussi critique car ils sont dépourvus de tout (eau, nourriture, etc.)

En ce sens , l’Office de la protection du citoyen (OPC) , recommande au premier ministre Joseph Jouthe , à la ministre à la condition féminine et aux droits des femmes , au ministre de la justice et de la sécurité publique, de se prononcer sur la situation à Village de Dieu et d’annoncer les mesures d’accompagnement qui sont adoptées ou susceptibles d’être adoptées en faveur des familles ayant abandonné le village et celles qui s’y trouvent encore d’octroyer des moyens financiers à la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR), structure indispensable dans toute solution durable au problème sécuritaire que traverse Village de Dieu et ses localités avoisinantes, d’enquêter de concert avec la ministre des affaires Sociales et du Travail, sur la situation à Village de Dieu afin d’identifier les déplacés, les femmes et les enfants en situation de vulnérabilité dans une perspective de prise en charge socio économique.

 De plus, L’OPC exige à travers la Police Nationale d’Haïti, des mesures concrètes liées aux principes généraux de droits humains visant le démantèlement de tous les gangs armés en dehors de toute considération politique, de passer des instructions à la direction de l’administration pénitentiaire nationale pour un contrôle plus rigoureux sur les chefs de gangs détenus dans des centres carcéraux qui sont toujours en contact avec leurs soldats pour passer des ordres ou définir des plans criminels.

En définitive, l’OPC souhaite que les autorités étatiques prennent en considération les recommandations suscitées et assument du même coup leurs responsabilités et respectent leurs engagements dans le domaine des droits humains.

Jodel ALCIDOR

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