Coronavirus : les prémices d’une longue crise

Apeuré, le monde est à l’arrêt depuis plus d’un mois  pour tenter de contenir le coronavirus dont les conséquences seront nombreuses et désastreuses. En Europe, notamment en France les regards se tournent vers le déconfinement en dépit des inquiétudes qui planent. Sous peu, on devrait  recommencer à boire un café, faire du sport, dîner dans un resto, etc. On assiste aussi à un retour des discours politiques chiasses des dirigeants insouciants, malhonnêtes, dont leur seul objectif est d’accaparer le pouvoir au profit de leur équipe. Cette pratique est aussi d’actualité en Haïti.

Au terminus de cette bataille sanitaire viendra inévitablement la grosse bataille économique mondiale selon les prévisions des spécialistes. Après un mois de dysfonctionnement quasi total de presque toutes les sphères d’activités pouvant générer de l’argent, qu’on le veuille ou non, nous sommes à l’orée d’une nouvelle crise dont les conséquences pourraient être aussi néfastes pour les pays  que le coronavirus. Nous recommencerons à vivre, certes, mais dans quel état ?

Pendant plus d’un mois l’économie mondiale reçoit des coups sans les rendre. Par conséquent, nous sommes à l’orée d’une grande crise  économique. Et après ?

En Haïti, comme dans plusieurs autres pays-, rien ne sera plus comme avant : Le taux de chômage augmentera, l’insécurité alimentaire deviendra plus criante, le nombre de transferts diminuera, les recettes publiques seront à coup sûr anémiés, le secteur informel, pilier de cette économie tributaire en grande partie de l’international, perdra son élan. Quant aux  familles, elles deviendront plus vulnérables que jamais. Donc, le pays s’engouffrera davantage.

Cette crise sanitaire devrait nous enseigner des leçons économiques, politiques et sociales.  Ce n’est pas la faute au coronavirus si nous n’avons pas assez de lits, de respirateurs artificiels, de masques de protection, de test de dépistage, d’eau potable dans nos robinets, un ou des laboratoires bien équipés. Il faut  tirer les leçons, et revoir de fond en comble la politique, la façon de choisir surtout lors des prochaines élections. De rompre avec les dogmes qui nous ont conduits à cet état inégalitaire et défaillant.

Les gouvernements responsables ont déjà commencé à définir une nouvelle stratégie pour le bien-être des gouvernés. En Haïti, chaque crise, chaque évènement a nourri de nouvelles idées de changement qui ne seront jamais actées.

Les problèmes, une fois surmontés, on recommence comme avant. L’inégalité, l’insécurité, la corruption, le népotisme, amateurisme politique, deviennent la norme.

Bien avant le coronavirus, il était difficile à des familles d’envoyer leurs enfants à l’école qu’ils souhaitaient, de les nourrir comme il se doit. Il était impossible avec leur salaire d’économiser, d’aller à l’hôpital si le besoin est, de se loger décemment, de trouver un plat au moins une fois par jour. Au terme de ce bouleversement économique sans précédent, l’addition sera beaucoup plus corsée  

Où va ce pays historique au passé glorieux ? Après la considération comme crise sanitaire et économique, le coronavirus va-t-il générer une crise politique ?

Jodel ALCIDOR

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