Du pain bénit

Les manifestations violentes à répétition susceptibles de renverser n’importe quel pouvoir qui n’a pas un appui démesuré d’une communauté l’internationale aveuglée, un spectacle devenu familier sous la présidence de Jovenel Moise.

Sans aucune trêve, ni accord politique de paix signé par les protagonistes, l’épidémie du nouveau coronavirus a relégué au second plan toutes les activités politiques en Haïti: pas de manifestation anti-pouvoir, pas de marche pacifique pour dénoncer ses agissements, pas de nouvelles révélations fracassantes pouvant éclabousser un membre du gouvernement ou toute l’équipe, pas de Petrocaribe encore moins de Dermalog. Bref, depuis la confirmation des premiers cas du coronavirus, c’est du calme politique plat ! On ne parle désormais que du coronavirus, de la santé.

Entre-temps, le gouvernement crée des cellules de réflexion, donne des conférences de presse par-ci par-là, impose ses mesures de restriction sans peur ni crainte .Pour une rare fois les dirigeants ont le champ libre. Ils gagnent du terrain sans véritable contrainte politique majeure. Mais attention ! Après le passage du covid-19, les membres du gouvernement peuvent, comme d’habitude, faire l’objet de diverses critiques pour la façon dont ils gèrent la crise . D’ailleurs, selon les informations des millions sont  décaissées pour si peu de réalisation.

L’opposition plurielle qui ne cesse de réclamer le départ de l’équipe au pouvoir _ qui à la vérité d’être renvoyée _ pour ses mauvais résultats, s’est muée involontairement dans un silence politique pesant comme si tout va bien dans la République grâce au Covid-19. Tous se plient à l’urgence de l’heure qu’est l’épidémie due au nouveau coronavirus dont le nombre de cas détectés officiellement dépasse actuellement les cent cinquante.

Loin des terrains politiques les acteurs ouvrent dans le social. Une campagne politique qui ne dit pas son nom.

Pour un pouvoir décrié et qui n’a pas la confiance de ses mandants en raison de ses mauvaises performances -des promesses jusque-là non tenues (reforme énergétique, infrastructures routières, téléphériques- que ce soit sur le plan politique, économique ou social, l’apparition de ce virus – Danger réel pour la population- peut représenter pour un pouvoir aussi impopulaire comme celui du président Jovenel Moise ,un vrai pain bénit « provisoire ». Jovenel Moise et son gouvernement de Facto respirent. Pour combien de temps alors ? Personne ne sait répondre à une telle question.

 Le président Jovenel Moise qui devrait s’excuser  et battre en retraite pour ses manquements, ses fautes trois ans après son élection, a, lors de sa dernière apparition dans la presse, su faire comprendre qu’il a été barré par un petit groupe, des anti-changements -Qui peut être l’avait surement aidé à gagner les élections -et qu’il refuse de les dénoncer pour des raisons inavouées et inavouables alors qu’il continue d’accumuler les échecs. Caravane du changement, réforme de la matrice énergétique, assainissement de la fonction publique…, tous restent dans le cadre des promesses.

Pour ce qui est de l’électricité 24/24, Jovenel Moise promet une césarienne Combien de césarienne il aura fallu au chef de l’Etat pour ses lots de promesses mirifiques?

Pour tous, pas de la même façon.

 Jamais l’un sans l’autre. L’équipe au pouvoir et l’opposition _ peut- être pas au même degré – tous ont des reproches. Cette crise sanitaire sans précèdent a permis également aux hommes de l’opposition  de réviser leur stratégie de combat, pour les nouvelles manifestations prévues pour le 18 mai prochain. Car, les opérations de pays lock n’ont pu chasser au pouvoir le fameux Jovenel Moise malgré son échec avéré. Est-ce qu’ils vont revenir beaucoup plus fort ou affaiblir ? Le coronavirus est-ce que du pain bénit pour l’opposition politique également ?

 Le peuple a toujours son mot à dire. Ceux qui sont au pouvoir n’ont jamais raté une occasion pour discréditer les mouvements populaires en dépit de leur échec. Dans ce cas, le coronavirus pourrait servir un bon prétexte à la population souffrante pour dire, sans les leaders politiques cette fois , non à l’insécurité, à la famine, au chômage déguisé, au népotisme, à la mauvaise gouvernance, à l’insécurité alimentaire , à l’augmentation du coût de la vie , non … non… non … mais également non à ce système inégalitaire.

Jodel ALCIDOR

Rédacteur en chef

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.