SOS Journalistes exige le retrait de l’autorisation spéciale

Le secrétaire général de SOS journalistes a écrit au Premier ministre Joseph Jouthe pour exiger le retrait l’autorisation spéciale (laisser-passer) imposée par son gouvernement, source de dissension entre les forces de l’ordre et des citoyens notamment les professionnels de la presse.

Les journalistes souhaitent un retour à l’ordre. Depuis plusieurs semaines, les professionnels de l’information ne sont pas totalement libres. Ils doivent être désormais munis d’un laisser-passer spécial conçu par le gouvernement Joseph Jouthe pour circuler dans la nuit, faute de quoi ils seront sanctionnés, alors que la Constitution donne aux journalistes le plein de droit d’exercer librement leur profession dans le cadre de la loi (art 28-1).

En ce sens ,le secrétaire général de SOS journaliste, l’ex-ministre Guyler C. Delva , a adressé  , en date du 13 mai 2020 , une lettre au Premier Ministre Joseph Jouthe pour lui demander de lever les mesures relatives à l’exigence faite aux journalistes pour qu’ils obtiennent une autorisation pour circuler aux heures de couvre-feu, une mesure illégale et inconstitutionnelle visant à museler la liberté de la presse , un acquis démocratique.

C’est un véritable bras de fer qui se joue

Pour barrer la voix à l’épidémie du nouveau Coronavirus, les autorités ont instauré le couvre-feu, une mesure censée prise pour protéger une population vulnérable et orpheline des soins de santé de qualité. En plus de son caractère illégal et inconstitutionnel, cette mesure empoisonne les rapports de coopération qui doivent, selon le SG de SOS journalistes, exister aujourd’hui entre la presse et le gouvernement .D’autant, précise la lettre, ils sont partenaires dans cette lutte que nous menons tous contre un ennemi commun parfaitement identifié : coronavirus.

«SOS Journalistes comprend la préoccupation de votre gouvernement quant à l’utilisation, par certains individus malintentionnés, de fausses cartes de presse, pour se faire passer pour journalistes. Mais de fausses cartes, on peut en trouver dans toutes les professions (faux médecins, faux infirmiers, faux avocats, etc.). Ces pratiques frauduleuses sont très préjudiciables aux journalistes professionnels qui font de leur mieux pour offrir un service honnête et défendre l’intérêt public. En ce sens, les principales organisations de presse sont actuellement en consultation pour trouver un remède à ce problème. Des résultats concluants seront obtenus et annoncés dans les meilleurs délais possibles »  a déploré le secrétaire général de cette structure dans sa correspondance dont le journal «Le Courrier de la Nation » a eu connaissance.

« Cependant, la meilleure manière d’adresser ce problème, en ce temps de crise sanitaire aiguë, n’est pas de pénaliser les vrais journalistes ou de violer des dispositions constitutionnelles très explicites et très chères à la corporation journalistique et à une société qui se veut véritablement démocratique » a-t-il ajouté.

 Il faut souligner, depuis la prise de cette mesure, plusieurs journalistes ont failli en venir aux mains avec les forces de l’ordre. Le cas du journaliste Georges Emmanuel Allen et celui Patrice Salon sont des faits probants.

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), l’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH), l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), la Sosyete Animasyon Kominikasyon Sosyal (SAKS) qui regroupe les radios communautaires, l’Union des Journalistes Photographes Haïtiens (UNJPH), l’Association des Journalistes du Sud’Est (AJSE), Solidarité des Journalistes du Sud (SJS), la Société Capoise des Journalistes (SCAJ) dans le Nord, l’Association des Journalistes Unis pour la Liberté de la Presse (AJULIP) dans le Nord-Est, l’Association des Journalistes du Nord-Ouest (AJNO), l’Union des Journalistes du Bas-Artibonite sont parmi les structures qui ont apposé leur signature dans cette lettre.

 Jodel ALCIDOR

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