Aucun droit, même pas celui d’espérer

La situation sanitaire fragile qui prévaut dans le pays depuis plus un mois déjà a fini par mettre à genoux ce qui restait d’une économie tributaire en grande partie de l’international, des donateurs, de la diaspora haïtienne et surtout du secteur informel. 

Il est de bonne guerre de vouloir lutter de toutes nos forces contre la propagation du virus, un danger imminent pour une population haïtienne en mal de tout, notamment d’un système sanitaire incapable de répondre aux besoins. Cependant, il est à signaler que l’addition pourrait être beaucoup plus corsée après le passage de la maladie se référant aux prévisions alarmistes faites par les spécialistes de différents secteurs dont l’économie. Tous les projecteurs sont au rouge et y seront pour longtemps. Donc, demain …. Quelle Haïti  se dessine ? 

Profitant de l’urgence sanitaire, les dirigeants font des propagandes électorales à peine voilées, alors que les vraies questions de l’heure n’ont été jusque-là posées, particulièrement celles de l’économie, du chômage, de l’éducation, de l’insécurité, de la dégradation accélérée de la gourde entre –autres .le peuple vivote et croupit. 

Que peut-t-on espérer quand on a affaire avec des dirigeants qui ont battu leur réputation sur le mensonge, sur de fausses promesses? À quoi peut-on s’attendre quand les cellules de réflexion qui ont été créées pour réfléchir pendant et après la covid-19 restent muettes? Renteront-elles bredouille ? A quoi peut-on espérer s’il n’y a pas à ce jour aucun plan de redressement  économique post covid-19,  un plan de riposte. À date, nous avons ni solution, ni perspectives claires. Ils s’en foutent. Et le pire est à venir. Haïti sombrera surement.

Vu l’état actuel de l’économie, de la politique, de l’agriculture, de la sécurité publique, du système sanitaire, de l’administration publique du tissus social en général, on veut croire que, le président Jovenel Moise qui se faisait passer pour un  Messie n’a pas la solution à un seul de nos problèmes récurrents.

Trois ans après son élection, rien ne se fait comme ça devrait être fait, tout est à refaire: pas de service d’hygiène, pas de stabilité politique et économique, pas de partis politiques, pas de leadership ni de leaders dignes. Les dirigeants ne se soucient guère de leurs noms, encore moins de la population. Ils sont tous en panne de discours. Les institutions ne tiennent plus debout, elles se sont toutes pâmées. Personne ne sait de quoi demain sera-t-il fait.

2021 ou 2022 ça ne sert à rien. C’est bonnet blanc et blanc bonnet. Assoiffé du pouvoir (inextinguible), le président cherche, comme ses prédécesseurs, à garder le pouvoir par n’importe quel moyen, pour augmenter ses richesses et celles de ses amis. Et pour cela,  la population, la masse défavorisée n’a même pas le droit d’espérer un lendemain meilleur tant que les vraies et bonnes questions sont jetées aux oubliettes. La carotte est quasiment cuite pour ce quinquennat. Espérance zéro! A quoi ressemblera Haïti après l’épidémie, et après le mandat de Jovenel Moise ?

Jodel ALCIDOR

Rédacteur en Chef

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