Transport en commun : le secteur qui transgresse toutes les règles

C’est une obligation de porter un masque de protection dans les lieux publics y compris les véhicules de transport en commun et de ne pas se réunir en grand nombre sous peine d’être puni. Sous les yeux passifs des autorités, le  transport en commun, un générateur de foule, fonctionne comme si rien n’était, passant outre toutes les dispositions prises par les autorités.

Crédit Photo: Haiti Libre

À l’orée de la troisième phase de l’épidémie liée au nouveau coronavirus, le transport en commun poursuit sa décrue, un secteur pourtant très prisé. Les minis bus (pap padap), les Tap-taps, les taxis fonctionnent comme à l’ordinaire, bondés de gens entassés comme des sardines ne respectant généralement ni le port des masques de protection ni la distanciation sociale prônée par les autorités, alors que tous devraient se plier aux principes pris pour vaincre l’épidémie de la Covid-19 dans un pays où le soin de santé n’est pas accessible.

Dans les traditionnels communiqués du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)  eu égard à l’évolution de la pandémie, le nombre de cas, à chaque fois, grimpe. Des appels à la vigilance ont été lancés par des professionnels de la santé. Signe qu’on devrait serrer les rangs en mettant en application les mesures barrières tant prônées par les autorités sanitaires. Dans un décret publié le 21 mai 2020 l’administration Moise-Jouthe a jugé bon de prolonger l’Etat d’urgence sanitaire tout en définissant le cadre normatif réglementant le fonctionnement du pays et  le comportement des citoyens. Les autorités ont durci le ton.

Les autorités ont décidé  ainsi : Les conducteurs de véhicules ou matériels de transport doivent procéder au nettoyage désinfectant  leur véhicule   au moins une fois par jour. Le véhicule doit être en permanence aéré. Sinon, le conducteur s’expose à une amende de trois mille (3 000) gourdes, cinq jours d’emprisonnement ou quinze jours de travail d’intérêt général à déterminer par le Conseil Municipal (Article 3). Le conducteur doit veiller et communiquer aux voyageurs les mesures d’hygiène et de distanciation sociale. Il doit aussi veiller au respect du port du « masque de protection ou un équipement de protection individuelle protégeant au moins la bouche et le nez  En outre, (Article 4), plus de cinq personnes ne peuvent pas se rassembler de manière simultanée en milieu clos ou ouvert.

Plus de soixante-douze heures après la publication de ses mesures, quel est le résultat? Les conducteurs ont-ils procédé au nettoyage désinfectant  leur véhicule  au moins une fois par jour? Pas sûr. Un coup d’œil sur l’état des véhicules assurant le trajet GRAND RUE –Portail -Léogane, Carrefour, Martissant. etc . Ont-ils été sanctionnés comme prévu ?

Article 4 : là où le bât blesse

 En dépit des sanctions annoncées rien n’a véritablement changé au niveau du transport en commun. Rare sont ceux qui portent des masques. Ne  parlons pas de la distanciation sociale et l’attroupement des personnes. Car, les conducteurs des camionnettes continuent d’exiger sept personnes par banc (7 personnes pour une distance d’environ deux mètres).

 Et si le transport public représente une courroie de transmission de l’épidémie de la covid-19. Quelle serait la réaction de nos dirigeants face à ce secteur qui transgresse quasiment toutes les lois ?

Visiblement, le transport en commun a passé outre toutes les règles et mesures barrières qui ont été annoncées en grande pompe par les autorités. Pourtant, les autorités se sont muées dans un silence face à la violation de toutes les mesures au niveau du transport public. Y-a-t-il une exception ? Dans ce contexte  de grand laxisme  avéré on serait tenté de répondre par l’affirmative. Alors que, les autorités devraient se servir de cette occasion pour moderniser ce secteur qui agonise depuis jadis.

Jodel ALCIDOR

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