Le Décret du 21 mai 2020 « très » contesté !

Le Décret du 21 mai 2020 suscite de vives réactions, des commentaires les uns les plus acides que les autres quelques heures seulement après sa publication. Les adjectifs ne manquent pas pour le qualifier.

Le président de la République Jovenel Moise a publié au journal officiel du pays « LE MONITEUR » le 21 mai dernier un nouveau Décret pour non seulement rallonger l’état d’urgence sanitaire qui a été déclaré mais aussi pour annoncer de nouvelles prises par les autorités pour continuer de combattre la Covid-19 qui a déjà tué une vingtaine de personnes selon le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP).

Comme chaque décision prise par l’exécutif, le Décret du 21 mai 2020 n’échappe pas aux critiques acerbes. Plus de soixante-douze heures après la publication de ce document, les réactions pleuvent. Des personnalités issues de différents secteurs de la société  livrent leurs impressions sur les différents types de mesures adoptées par l’Exécutif pour tenter de barrer la route au coronavirus.

Liberticide, gaffe, blague, (..) les mots ne suffisent pas pour des personnalités venues de divers horizons dont le Porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, André Michel, l’ancien député Hugues Célestin,  Dr Juno Jean-Baptiste, le syndicaliste Duclos Benissoit … pour qualifier le dernier décret pris par le pouvoir Tet Kale.

Liberticide

Le porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, Me André Michel était invité, samedi dernier, par téléphone pour participer à l’émission RAMASE de la Radio Caraïbes au cours de laquelle il devrait analyser et donner ses impressions sur les faits saillants ayant marqué l’actualité politique, surtout, pendant la semaine. Dans un style propre à lui, l’homme de loi l’a qualifié de liberticide. « J’ai lu ce Décret.  Ce dernier vise purement et simplement à réduire la liberté des gens » a signalé l’ancien membre du MOPOD.   « C’est un pas vers le retour de l’ordre de fer » a-t-il souligné

Toujours dans la même lignée des critiques, le coordonnateur du Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens (MUTH), Duclos Benissoit, pense que ce décret dubitatif et intempestif pourrait causer des dégâts, des discussions voire une guerre civile. «  Les autorités ne prennent pas en compte la situation des citoyens. Comment demander à un conducteur d’empêcher à des passagers de monter à bord de son véhicule  ou du moins de réduire le nombre de passagers alors que les prix des produits pétroliers reste inchangé jusqu’à date sur le marché local .C’est une blague, une vraie blague  » a lâché le syndicaliste au micro de la radio Kiskeya hier lundi 25 mai 2020. « Il faut qu’il y ait une attente sinon… Ce Décret ne servira à rien. Car au niveau du transport en commun, nous ne serions pas en mesure de respecter les mesures. Les mesures sont pour la plupart inappropriées » a –t-il poursuivi avant de demander aux autorités de rentrer ce document pour pourrait boucher à l’avenir sur une guerre.

Hugues Célestin y voit projet dictatorial. En ce sens, il a lancé un appel à toutes les couches vives du pays pour combattre le projet du président Jovenel Moise qui, selon lui, cherche à museler la liberté populaire, ce en vue, de rester au pouvoir au-delà du 7 février 2021. «  La critique ne suffit pas. Il faut passer à l’action. L’épidémie du nouveau coronavirus sert un bon prétexte au président Jovenel Moise pour entreprendre des démarches visant à empêcher la grande majorité a s’exprimer clairement contre ce pouvoir » a déclaré l’ancien parlementaire.

D’autres personnalités, comme le Docteur Junot Félix, ont une position beaucoup plus souple, plus nuancée. Toutefois ,le professionnel de la santé n’a pas caché son indignation, son regret.

Outre le secteur politique et les transporteurs, des professionnels de la justice comme les juges de l’Association Nationale des Magistrats Haïtiens (ANAMAH) et l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) ont, chacune dans une lettre ouverte, dézingué le Décret en question. En plus de se poser comme obstacle à la tenue des séances, selon l’OCNH, il n’a aucune valeur  juridique puisqu’il ne peut en aucun cas abroger la loi portant amendement de la loi sur l’état d’urgence. Les autorités vont-elles se rétracter ?

Abigaelle PIERRE

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