Obtempérez sans rechigner !

Le pays est englué dans une crise sanitaire sans précèdent. L’épidémie du nouveau coronavirus tient toutes les couches en haleine depuis plus d’un mois déjà. Et, ce n’est pas tout. Puisque, le pays est en proie à des perspectives très menaçantes sur le plan  économique et politique notamment. Parallèlement à cette crise, les politiques ont ravivé le débat autour de la croustillante question de la fin du mandat du  Président Jovenel Moise. 2021 ou 2022 ? Les deux partis s’affrontent déjà à coup d’argument (partisan) ou juridique. Ils n’obtempèrent  guère. C’est le jusqu’au-boutisme.

Il n’y a pas que la crise sanitaire, des questions comme celles de l’organisation des élections, ou la date de la fin du quinquennat de Jovenel Moise taraudent les esprits de plus d’un. Face à cette dernière interrogation, le Président Jovenel Moise semble vouloir  aller jusqu’au 7 février 2022. Le ministère des Affaires Étrangères a instruit tous les chefs de missions diplomatiques. L’exécutif met « oralement » le cap sur les élections sans Conseil électoral (CEP), sans budget, sans Cartes électorales, sans décret électoral (..). L’Organisation des Etats Américains (OEA) se range, sans surprise, au côté de Jovenel. Les partis alliés ou inféodés au pouvoir, les partisans zélés, font du tacle au tacle dans les médias. Donc, ils ne sont pas prêts à obtempérer.

L’opposition brandit l’article 134-2 

Réagissent, comme à l’accoutumée,  en ordre dispersé les opposants au Président Jovenel Moise font de l’article 134-2 de la Constitution de 1987 amendée  et de l’article 239 du Décret de mars de 2015 leur cheval de bataille. Pour les pourfendeurs du pouvoir l’article susmentionné est  clair. Par conséquent, ils demandent au Président dont la popularité est, depuis bien des temps, remise en cause d’obtempérer sans rechigner.  Auront-ils gain de cause cette fois ?

«L’élection présidentielle a lieu le dernier dimanche d’octobre de la cinquième année du mandat présidentiel. Le Président élu entre en fonction le 7 février suivant la date de son élection. Au cas où le scrutin ne peut pas avoir lieu avant le 7 février, le Président élu entre en fonction immédiatement après la validation du scrutin et  son mandat est censé avoir commencé 7 le février de l’année de l’élection » stipule la Constitution de 1987 amendée dans son article l’article 134-2. Si la Constitution est d’application stricte pourquoi ne pas obtempérer ou tout au moins sans rechigner ? 

Avec ce duel qui se dessine entre les partisans du 7 février 2021 et ceux de 2020 une malédiction se plane-t-elle sur la tête de la population ? 

Ceux qui se targuaient hier d’être homme ou femme de loi, de l’institution, ou partisan de la rectitude veulent aujourd’hui assassiner la Constitution au profit de leurs intérêts personnels. À chaque fois c’est le même rengaine. Des affairistes en pleine crise sanitaire sont propulsés au-devant de la scène pour  tenter de défendre l’indéfendable.  Une chose est certaine, partir ou rester, ne sera jamais du gout de tout le monde. La loi est dure mais c’est la loi. Donc, obtempérer sans rechigner, mais vraiment sans rechigner.

Jodel Alcidor 

Rédacteur en chef 

jalcidor@yahoo.fr

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.