Secousses sismiques à répétition: plus que jamais il ne faut pas baisser la garde!

Durant la période allant de mai à juin 2020, quatre petits séismes ont été enregistrés dans la région septentrionale de l’île d’Haïti. Ces secousses sont survenues dans le contexte actuel dominé par la pandémie due au nouveau coronavirus et  la saison cyclonique. Outre ces faits qui  défraient la chronique, la population particulièrement celle des côtes du Nord doit se rappeler qu’elle est sous la menace d’un grand séisme. Ces derniers petits séismes semblent indiquer qu’un  plus grand est de plus en plus imminent.

Credit Photo: Quetony St Vil- UN/MINUSTAH

Tous ceux qui l’ont vécu sont passés de vie à trépas. Pourtant, ce cataclysme est gravé dans la mémoire de ceux qui habitent la région. Le samedi 7 mai 1842, un violent tremblement de terre d’une magnitude de 8.1 sur l’échelle de Richter a frappé le Nord de l’Ile. Considéré comme la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire de la République d’Haïti ( avant le séisme du 12 janvier 2010), ce violent tremblement de terre a emporté 5 000 âmes humaines soit la moitié des habitants de Cap-Haïtien. Ressenti dans presque toutes les parties de l’île, cette secousse tellurique a détruit toutes les villes de sa  côte atlantique et a anéanti en six minutes des agglomérations comme le Môle Saint-Nicolas, Port-de-Paix et Fort-Liberté. Elle a causé aussi des dégâts à Port-au-Prince, à Saint-Marc et aux Gonaïves.

Demesvar Delorme, alors enfant, a décrit ce phénomène qui a détruit la ville considérée alors comme un des trois principaux centres commerciaux et culturels de l’Amérique francophone. «Un bruit sourd, un grondement lointain, lugubre, comme sortant d’un gouffre profond se fait entendre du coté de l’est. […] Nous chancelons, mon frère et moi tombons aussi. Le mur de la caserne au nord s’ébranle et tombe presque en même temps que nous. […] Le clocher de la Cathédrale que j’avais en face se mit à balancer dans l’air, les cloches sonnant à route volée en carillon sans rythme, sinistre, un glas horrible. Le clocher s’écroule, les parties hautes les premières. Puis l’Eglise s’abat, et toutes les maisons environnantes, et toutes les maisons que je voyais, et enfin la ville entière. Tout cela avec un bruit sans nom, grondant au milieu d’une buée épaisse sortie des murailles brisées et qui s’épaississent de plus en plus était devenu un nuage noir, lugubre, comme ceux des grosses tempête sur mer, et bientôt sillonnée comme eux de lueurs rouges, ardentes, agitées en tous les sens» a rapporté l’homme politique haïtien et fondateur principal du Parti National.

La faille septentrionale, qui serait à l’origine de ce séisme, a continué à accumuler de l’énergie depuis 178 ans. Aujourd’hui, plus que jamais, son spectre plane sur la région. Pour Ronaldine GILLES, Ing. MSc , « Le plus souvent ces petits séismes sont des signes annonciateurs de grands ». Selon la Directrice du Projet de Microzonage sismique au Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LNBTP), « Haïti est un pays à grand risque naturel et très vulnérable, et on ne doit pas baisser la garde sur les comportements à adopter en cas de séisme». Vu qu’on ne peut pas encore prédire les tremblements de terre comme les cyclones, l’ingénieure appelle à la poursuite « des campagnes de sensibilisation sur les comportements à adopter en cas de séisme». « La majorité des maisons au Cap-Haïtien ne respectent pas les normes de construction parasismique, il serait bien que les gens pensent à renforcer leur maison » a plaidé l’ingénieure détentrice d’une maîtrise universitaire en sciences.

Pour faire face à l’inévitable séisme majeur dans le Nord près de quatre cents panneaux signalétiques ont été installés et la capacité d’intervention des sapeurs-pompiers renforcée. Dans cette même optique, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a lancé dans quatre villes de la région septentrionale (Cap-Haïtien, Fort-Liberté, Ouanaminthe et Port de Paix) le programme nommé « Plan séisme du grand Nord 2012-2015 ». Ledit programme consistait à réaliser l’étude du sol et sa cartographie, l’évaluation et le renforcement des bâtiments publics, la formation des ingénieurs, des contremaîtres et des maçons et la sensibilisation du public.

Ces interventions seront-elles efficaces ?

*Source : L’événement de 1842, par Julmiste Manius

Stevens JEAN FRANÇOIS

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