Scandale de la grâce présidentielle : la Fédération des barreaux d’Haïti se dédouane

Pas de moins de 400 prisonniers ont été graciés par le président Jovenel Moise. Selon l’Office de la protection du citoyen et d’autres organisations plusieurs criminels auraient été relâchés. Pour rectifier le tir, le ministère de la Justice et de la sécurité a fait sortir une note pour expliquer le bienfondé de cette démarche, citant par ailleurs le nom de plusieurs organisations qui avaient participé dans la prise de cette décision. Cependant, l’OPC et la FBD ont nié leur implication dans ce scandale.

Le pouvoir exécutif est impliqué dans un nouveau scandale né de la libération de 415 prisonniers dans le cadre d’un programme baptisé grâce présidentielle. Une montagne parmi d’autres. Depuis la libération de ces personnes aux personnalités douteuses,  plusieurs organisations dont l’Office de la protection du citoyen (OPC) , se sont montés au créneau pour houspiller cette décision ,niant en outre toute implication dans cette affaire qui crée une nouvelle polémique  et qui a déjà fait couler beaucoup d’encre tant dans la société civile que dans la classe politique.

Face à cette situation délétère, le ministre de la Justice et de la sécurité publique, Lucmane Delile s’est vu obligé de publier une note pour essayer d’éclaircir les zones d’ombre. À l’en croire, cette démarche a respecté, selon le ministre, toutes les normes et les procédures requises. D’autant que, précise l’ancien commissaire, le travail a été fait de concert avec plusieurs instances dont l’Office de la Protection du citoyen (OPC), la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH). Alors que, ces derniers nient toutes leurs implications dans une affaire qui pourrait d’une manière ou d’une autre salir l’image des acteurs.

Quelques heures après  la publication de la  note de l’OPC, la Fédération des barreaux d’Haïti (FBD)  sort de sa réserve pour se dédouaner de ce  scandale dans une note publiée, le mercredi 1 juillet 2020 dans laquelle on peut lire : « La Fédération des barreaux d’Haïti (FBP) tient à exprimer son étonnement à la lecture de la note publiée par le ministère de la Justice en date du 30 juin dernier , laquelle laisse entendre que la liste des condamnés graciés par le président aurait été élaborée en fonction des critères établis et en concertation  OPC, BINUH, JSSP, le décanat du tribunal de Première instance de Port-au-Prince , et de la Fédération des barreaux d’Haïti (FBD) .

La FBH a été associée  ses derniers mois à plusieurs rencontres sur la préparation du plan de désengorgement des prisons lie à l’épidémie du nouveau Covid-19 .Ces  rencontres, informe la FBH, ne visaient pas à préparer aucune liste .

Pour finir ,la FBH ne peut que constater le manque de rigueur dans le dossier de grâce présidentielle et demande aux autorités concernées d’assumer la responsabilité des actes posés y compris le cas échéant  des erreurs ou drives y relatives .

En prenant la défense du président de la République, Jovenel Moise, le ministre de la justice, Lucmane Delile promet d’ouvrir une enquête et de punir avec la dernière rigueur  toutes personnes impliquées dans cette affaire. La thèse d’erreur n’a pas été écartée par l’ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Entre-temps, le premier ministre, Joseph Jouthe , a demandé au commissaire du gouvernement de sursoir momentanément à la libération des prisonniers sélectionnés dans le cadre de la grace présidentielle , source d’un nouveau scandale.

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