Le Président Jovenel Moise, Maitre et Seigneur

Après le départ de la 50e législature et les deux tiers du Sénat de la République  en janvier dernier, c’est au tour des membres des  Collectivités territoriales  de vider les lieux au terme de leurs quatre ans de mandat, sans contenu, sans bilan pour la majorité pour ne pas dire dans son ensemble. Large victoire pour le Président Jovenel Moise qui nourrissait depuis un bon bout de temps l’idée de diriger tout seul sans les autres pouvoirs. D’ailleurs, il l’a dit dans l’une de ses interventions « vides » dénuée de gros bon  sens. Une victoire parmi tant d’autres.

Sans le Parlement dont sa mission est, entre autres, de contrôler les actions du gouvernement et de légiférer, sans la présence des magistrats élus, qui ,d’ailleurs, ont été remplacés par des commissions communales, nommées à la faveur d’un président qui cherche à avoir le contrôle entier de tous les pouvoirs parallèles, de les broyer, bref sans aucun élu, Jovenel Moise est le chef Suprême . Un vrai super-chef.

À la solde du pouvoir, les dix sénateurs restants, sont figés, depuis la caducité du Parlement en janvier dernier, dans leur immobilisme habituel. Donc, le président Jovenel Moise a mis au placard, le concept de contrepouvoir.

En Maitre et Seigneur, il prend des décrets les uns les plus contestés, les plus inappropriés que les autres. Il nomme le matin, il révoque dans l’après-midi: ministre de la Justice et de la sécurité publique; directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), persécute les hommes du secteur privé des affaires qui l’avaient supporté durant les 22 mois de sa campagne jonchée de promesses , mais qui ont , en raison de sa mauvaise gouvernance, son échec, son amateurisme, son crétinisme  politique, son sens d’irresponsabilité, viré leur veste après plus deux ans de mandat .

De plus, il se déresponsabilise de son échec cuisant  de changer la matrice énergétique (courant 24/ 24) ,de reformer l’administration publique , de créer des infrastructures , de redorer l’économie  _au contraire _ de garantir la  bonne  marche des institutions publiques , qu’est l’une de ses prérogatives , de changer la vie de ses mandats déçus à l’extrême, et qui ont vu rouge pendant son règne, accusant à chaque fois une couche soit du secteur privé ou de l’opposition fragmentée .

Outre cette déconfiture, en Super chef, en Maitre et Seigneur, le président Jovenel Moise prend des décisions, sans le Parlement qu’il avait, lui-même, déclaré caduc, sans consulter les secteurs vitaux du pays. Il essaie également de se régénérer au pouvoir en publiant des arrêtes bidons et un nouveau code pénal scandaleux à travers lesquels il cherche à se laver et tous ceux et celles qui ont été accusées de corruption, de dilapidation des fonds petro caribe, de détournement (nouveau code pénal – article 222 – 223), créant ainsi  sa zone de confort.

En absence des autres pouvoirs, de la société civile, de ce qui reste de la classe politique, du Parlement, le président Jovenel Moise  se comporte en Maitre et Seigneurs. Malgré son déficit de crédibilité, son image écornée par des accusations de corruption, Jovenel Moise se lance dans la réforme constitutionnelle _ Il veut se donner beaucoup plus de pouvoir_, dans  un électoral avec, notamment l’aide sans faille d’une communauté internationale. Pire, il essaie par tous les moyens de proroger son mandat sans bilan, sans contenu, sans rien du tout. Si ce n’est de l’insécurité, de la gabegie, de la corruption, la mauvaise gouvernance, la légalisation et la décentralisation des gangs armés…

Avec Jovenel Moise au Palais national, ce n’est plus le pouvoir qui arrête le pouvoir. Le pays est pris dans l’étau des PHTK. Fort heureusement, le peuple a toujours une ou des solutions à l’image de 1986.

Jodel Alcidor

Rédacteur en chef

Email : jalcidor@yahoo, fr

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