Gwo nèg pa ka Leta!

Après  l’obtention de la libération des cinq agents de l’UDMO, Fantom 509 a récidivé le  lundi 14 septembre. Si leur revendication a changé leur mode opératoire, quant à lui, est demeuré le même. Des individus, certains encagoulés d’autres arborant l’uniforme de certaines unités de l’institution policière ont semé la pagaille dans la zone métropolitaine. L’attitude de ce groupe risque de saper les fondements même de la société haïtienne.

Samedi dernier, une vive tension a régné dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Pour protester contre le transfert au pénitencier national des cinq policiers chargés de protéger la résidence du défunt bâtonnier du Barreau de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, des policiers et des civils ont organisé un violent mouvement. Bilan, vingt véhicules immatriculés Service de l’Etat (SE) ont été incendiés, des barricades ont été érigés et certains des protestataires armés ont fait parler la poudre notamment au carrefour de l’aéroport. Face  à l’ampleur du mouvement, le Commissaire du Gouvernement, Me Ducarmel Gabriel, a signé un exéquatur donnant lieu à la libération des policiers. Fort de cette victoire, Fantom 509 a annoncé la reprise de la mobilisation le lundi 14 septembre dans l’objectif d’obtenir la libération de leur frère d’arme, Jean Pascal Alexandre.

Ceux qui se réclament membres de Fantom 509 ont tenu parole ! Le lundi 14 septembre, flanqués de manifestants, ils ont mis la zone métropolitaine sens dessus dessous. Le plus grand nombre d’entre eux circulant à motocycle, ils ont imposé leur loi dans les rues. Bilan : tirs nourris entendus dans la zone de Poste Marchand dès l’entame de leur mouvement, barricades, véhicules incendiés dont l’unique bus de l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS),  destruction de matériels puis incendie du bâtiment abritant, entre autres, une annexe de l’Office National d’Identification (ONI). Ce mouvement a perturbé les activités économiques à Delmas, Pétion-Ville et au centre-ville de Port-au-Prince. Des établissements scolaires ont dû fermer leurs portes. Tout ça pour rien ! Heureusement…

Cette fois-ci, cette flambée de violence a été gratuite. Jean Pascal Alexandre le policier incarcéré depuis le 13 mai au Pénitencier National est resté derrière les barreaux. Le mouvement des protestataires n’a pu rendre la liberté à leur frère d’arme accusé d’assassinat, d’incendie criminel, d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de destruction de biens publics. Il n’a pas connu le même sort que ses collègues qui sont accusés de complicité avec ceux qui ont pollué la scène du crime de Me Monferrier Dorval. Ces derniers devraient-ils être relâchés?

L’Inspection Générale a fait état de faute professionnelle dans le cadre du dossier des 5 agents de l’UDMO. Toutefois, s’ils ont reçu l’ordre de laisser l’espace peu de temps avant l’arrivée des malfrats qui ont vraisemblablement emporté des éléments qui devraient faciliter la tâche aux enquêteurs, n’ont-ils pas des comptes à rendre aux autorités judiciaires ? Au moins ne devraient-ils pas révéler l’identité du donneur d’ordre pour la poursuite de l’enquête ?

Les normes réglementant la vie en sein de la société haïtienne ont été définies ainsi que les sanctions prévues contre les auteurs de tout écart. La faiblesse de l’Etat et des institutions républicaines ne doit, ne peut, servir de prétexte ni de justificatif à des exactions. La justice haïtienne a ses maux mais il ne faut surtout pas penser à lui asséner le coup de grâce. Un individu inculpé doit être blanchi par la justice. Cet acte ne peut être imposé. La procédure à suivre a déjà été définie. Les membres des gangs et maintenant Fantom 509 imposent leur loi et risquent de saper les fondements même de notre société. Que l’arme soit légale ou illégale, rien ne justifie son utilisation à des fins terroristes.

L’exercice de la liberté de manifestation est reconnu et garantie par la loi de même que le droit au travail, à la sécurité, etc. Une minorité ne doit pas se permettre d’imposer sa volonté. Nous ne sommes pas dans la jungle, le plus fort ne peut pas imposer sa loi!

Stevens JEAN-FRANÇOIS  

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