Haïti-Santé: Octobre 2010, octobre 2020, 10 ans après des victimes du choléra réclament justice et dédommagement!

Après le séisme du 12 janvier 2010, la nation haïtienne a subi neuf mois plus tard un deuxième drame, le choléra, emportant avec lui plus de 6 266 âmes (rapport de cas MSPP, 2011). À date, aucune action n’a été prise pour rendre justice aux victimes, et ce, malgré la reconnaissance de l’ONU à travers son secrétaire général d’alors Ban Ki-moon de leur implication dans l’introduction de l’épidémie dans le département du Centre.

En octobre 2010, une épidémie de choléra s’est déclarée dans le Département du centre à Meille foyer de l’épidémie, non loin de l’hôpital de Mirebalais. Ce nouveau drame humanitaire après celui du 12 janvier, a causé un lourd bilan humain d’environ 6 266 morts sur 439 604 personnes touchées au total. Ce drame additionnel, a entraîné derrière lui une multitude d’organisations d’aide humanitaire ajoutées à la présence des forces onusiennes dans le pays. En moins d’un mois l’épidémie s’est propagée dans les dix départements du pays avec plus de 900 morts.

Avec un taux de létalité aussi inquiétante, le Ministre de la Santé Publique et de la Population d’alors, Dr Alex Larsen, avait déclaré fin octobre 2010 l’état d’urgence sanitaire sur tout le territoire. L’épidémie de choléra, due à la bactérie vibrio cholerae, est selon l’OMS une infection intestinale aiguë due à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. La période d’incubation est de courte durée, de moins d’un jour à cinq jours.

Cette maladie étroitement liée au niveau de développement des pays qu’elle ronge, prend sa source le plus souvent dans des endroits où l’accès à l’eau potable se fait rare. Or, dans le département du centre, une frange de la population utilise, l’eau du Fleuve Artibonite traversant l’île d’Haïti (Haïti et la République Dominicaine), quotidiennement. Une investigation menée par l’équipe du département sanitaire du Centre indique que les premiers patients se procuraient l’eau de boisson à partir d’un affluent du fleuve Artibonite qui s’écoule en dessous d’une base de la Minustah composée d’environ 500 soldats, arrivés très récemment de Katmandou, certains soldats étant arrivés le 8 octobre, d’autres le 12 (https://www.cairn.info).

L’épidémie due au choléra met à nu la défaillance du système de santé haïtien dont l’organisation structurelle et fonctionnelle a été déjà fragilisée par le violent tremblement de terre du 12 janvier. Avec cette maladie diarrhéique, le système a reçu un coup de massue, mais grâce aux efforts des acteurs concernés, le gouvernement parvenait à donner une réponse à l’épidémie.

Après des années de lutte des organismes de défense des droits humains, l’ONU a enfin reconnu que la maladie a été importée dans le pays par les forces Onusiennes. Malgré tout aucune indemnité n’a été versée aux parents des victimes.

Seide Putnam LOUS-JEAN
putnamlouisjean@gmail.com

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