Enlèvement, séquestration et assassinat crapuleux de l’élève Evelyne SINCERE : La FJKL choquée, indignée et révoltée demande aux autorités étatiques d’assumer leurs responsabilités ou se démettre!

Dans cette note publiée ce mardi 3 novembre 2020, la Fondasyon Je Klere (FJKL) a réagi sur l’assassinat d’ Evelyne Sincère. L’organisation de promotion et défense des droits de l’homme invite les autorités à assumer leurs responsabilités ou se démettre.

La Fondasyon Je Klere (FJKL) est choquée, indignée et révoltée de l’image terrifiante circulant sur les
réseaux sociaux de l’élève Evelyne SINCERE qui, après ses examens de fin d’études secondaires, a été enlevée le 29 octobre 2020, séquestrée, torturée et assassinée par ses ravisseurs qui ont ensuite jeté son cadavre sur une pile d’immondices à Delmas 24, zone contrôlée par des gangs proches du pouvoir.


Ce crime odieux intervient à un moment où Haïti offre au monde l’image d’un Etat délinquant, plongé dans le chaos, l’anarchie et le désespoir. Des crimes spectaculaires se multiplient dans les rues, à l’intérieur des maisons des citoyens; les cas de kidnapping augmentent de manière effrayante et les kidnappeurs ne se cachent plus.

Pire, des chefs de gangs informent qu’ils utilisent le kidnapping pour se procurer de l’argent parce que le pouvoir politique en place a cessé depuis quelques mois de leur envoyer de l’argent. Le pays fait donc face indéniablement à un ordre public assassin. L’Etat tue ou laisse tuer impunément.


La FJKL rappelle que l’Etat a l’obligation de protéger le droit à la vie, le droit à la dignité et à l’intégrité des
personnes se trouvant sur son territoire. Tout pouvoir politique qui se montre incapable de garantir ces droits n’a plus sa raison d’être.


La FJKL juge injuste de se soumettre à l’autorité d’un pouvoir qui dénie à ses citoyens /citoyennes le droit à la vie.


La FJKL rappelle que les actes de barbarie comme ceux perpétrés contre Evelyne SINCERE, Grégory SAINT
HILAIRE, le bâtonnier Monferrier DORVAL et tant d’autres citoyens sont possibles dans des sociétés où la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme sont la règle; que la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme du 10 décembre 1948-qui fait partie intégrante de notre constitution-reconnait, dans son préambule, en faveur des peuples soumis à l’autorité de tels régimes politiques, le droit à la révolte.


La FJKL demande au pouvoir en place de constater son incapacité à gérer le pays, à protéger les droits des citoyens/citoyennes et d’en tirer les conséquences.


La FJKL rappelle également au peuple haïtien la légitimité de son droit à la révolte contre un gouvernement, tyrannique un gouvernement qui banalise le droit à la vie, un gouvernement qui ne respecte pas la constitution ni aucun des droits du peuple.


La FJKL demande aux autorités policières et judiciaires de tout mettre en œuvre pour que les auteurs et complices de ce crime inqualifiable soient identifiés, appréhendés et soumis à la justice répressive.


Port-au-Prince, le 3 novembre 2020

Abigaelle PIERRE

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