Dossier Monferrier Dorval : le Président a menti!

Le Président de la République, Jovenel Moïse, s’est entremêlé les pinceaux lors de son passage à l’émission « Le Point » de Radio et Télé Métropole du lundi 9 novembre 2020. Invité à réagir sur le dossier de l’assassinat du Bâtonnier d’alors de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, fidèle à ses bonnes vieilles habitudes ou pour une autre raison inavouée, visiblement incommodé, monsieur Moïse a tenu un discours contraire à la vérité.

Le Président Jovenel Moïse, a livré une piètre performance lors de son passage à l’émission Le Point de Radio Télé Métropole le lundi 9 novembre 2020. Il a lâché bon nombre d’insanités pour ensuite placer sa femme, présentée par beaucoup comme l’auteure intellectuelle du crime, sous le feu des projecteurs. Alors que les informations relatives à l’heure du crime ne se trouvent pas dans le rapport de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) selon les révélations de la Conseillère du Barreau de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me Rose-Berthe Augustin, la Première Dame, Martine Moïse, a quant à elle reçu la vidéo de la scène du crime moins de deux minutes plus tard.

« Me Dorval est mort à 10 heures 13. À 10 heures 15, je m’en souviens, c’est ma femme qui est venue me montrer. Deux minutes après, la vidéo circulait. » a lâché l’élu du PHTK qui n’a pas manqué de vanter les mérites de la victime et de clamer son innocence.

Malgré sa volonté de finir avec ce dossier, le Président n’a pu éviter la question relative au traitement de la correspondance du Barreau de Port-au-Prince sollicitant au Président de « faire droit à la requête des Barreaux des 47 États membres de la Conférence Internationale des Barreaux (CIB) relative à la mise en place d’une commission d’enquête internationale dont l’unique mobile est d’appuyer les institutions judiciaires nationales« . Celui qui disposait de plus d’informations que la DCPJ dont l’heure exacte du crime, le Président de la République, a lâché une contrevérité.

D’après la version du Premier Citoyen de la nation, il a pris connaissance du contenu de la lettre sur les réseaux sociaux. Puis, il a ajouté « ils l’ont envoyée deux ou trois jours après« . Toutefois force est de constater que la déclaration du locataire du Palais National est inexacte. La correspondance en question date du 7 octobre 2020 et le lendemain (8 octobre) le Palais National l’a reçue comme le confirme le sceau de l’accusé de réception du Centre de Service Courrier de l’institution.

Depuis hier une version de la correspondance circule sur les réseaux sociaux. Elle porte deux estampilles avec les dates du 8 octobre et du 8 novembre 2020. Les informations recueillies par la Rédaction attestent qu’elle a été fabriquée par un laboratoire proche du Palais National dans l’idée de corroborer la déclaration du Président. La source de la Rédaction de Le Courrier de la Nation a aussi annoncé que le Barreau de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince publiera dans un avenir proche sa copie avec l’accusé de réception daté du 8 octobre, ce pour que la vérité puisse enfin jaillir.

Il n’est plus à démontrer que le Palais National a reçu la lettre et que le Président Jovenel Moïse le sait, comment expliquer qu’un mois plus tard le Barreau de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince n’ait reçu aucune réponse? Le pouvoir cherche-t-il à faire obstacle à l’enquête ? Pour quels motifs?

Rappelons que le Greffe du Tribunal de Première Instance a été récemment cambriolé par des individus qui connaissaient les lieux et qui avaient les clés. Certains éléments liés au dossier de Me Monferrier Dorval ont été emportés par les malfaiteurs.

Stevens JEAN FRANÇOIS

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