Haïti, à la 72 ème commémoration de la DUDH

Le fondement même de la liberté, la justice et la paix dans le monde réside dans la reconnaissance de la dignité inhérente de des hommes et leurs droits égaux. Dans l’histoire des droits humains, dès qu’il y a méconnaissance et mépris des droits de l’homme, des actes de barbaries s’enchainent à tour de rôle. Aussi longtemps que l’être humain reste enchaîné dans la terreur et la misère, que la valeur et la dignité de la personne humaine ne soient prises à cœur, l’inégalité sociale ne cessera de s’accroitre, les violences y comprises. Et, dans toutes sociétés, exposées à de nombreuses inégalités, et ou la répression pénale ne correspond guerre à l’évolution sociale, la criminalité ne peut que s’amplifier au fur et à mesure, tel est le cas d’Haïti, depuis assez longtemps déjà.

Ayant été un des Etats à avoir adopté la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en 1948, plus précisément le 10 décembre. L’Etat haïtien, s’est engagé à assurer en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Lesquels droits, sont édictés dans ladite déclaration. Sans force contraignante, la déclaration invite les États signataires à s’efforcer de faire appliquer les droits inaliénables sur l’étendue de leur territoire. De la garantie du droit à la vie, à la liberté et la sureté de sa personne, au droit de prendre part à la vie culturelle de sa communauté, aucun droit n’est garanti sur le territoire haïtien. Au fil des ans, la violation des droits sociaux, économiques et culturels est devenue une coutume, les sujets de l’Etat haïtien, étant privés des droits les plus fondamentaux se révoltent contre le pouvoir en place. Et, même avec le pouvoir exclusif que détient l’Etat haïtien, qui est d’assurer la sécurité des résidents de son territoire, il faut au jour le jour à cette mission, de manière décevante.

Depuis assez longtemps, la société haïtienne fait face à des chaos de toutes sortes, la crise sécuritaire occupe grandement l’actualité quotidienne, l’amplification des bandes armés dans plusieurs quartiers du territoire, la criminalité parcourt les rues, le kidnapping bat son plein. Au jour le jour, de nouveaux cas d’enlèvements s’enregistrent au cœur de la capitale, plusieurs familles se voient dépouillées de leur peu de sous, afin de pouvoir récupérer leurs proches kidnappées.

En Haïti, chaque année, la commémoration de l’adoption de la DUDH s’effectue par l’accumulation de formations relatives aux droits humains, suivies d’autres cérémonies officielles, organisées par les organismes de droits humains sur le territoire. La soumission à des peines ou traitements cruels inhumains ou dégradant étant condamnés par le texte de 1948, l’atteinte continue au droit à la vie ; essentiel même de l’existence, continue de préoccuper l’esprit des résidents du territoire. La terre d’Haïti devient subitement « le territoire de la mort » un endroit indésirable, un espace à éviter. Plusieurs organismes de droits humains, condamnent haut et fort les nombreux crimes effectués à l’endroit de la population, le Bureau des Nations Unies en Haïti, pour sa part, a maintes reprises, exhorte les autorités haïtiennes à poursuivre les auteurs présumés de ces crimes et abus, d’exécuter le mandat émis à leur encontre, afin de faire primer la répression au détriment de la criminalité. Le gouvernement continue d’ignorer les nombreuses exhortations, ainsi que les cris alarmants de sa population.

Suite aux nombreuses crises sociales, économiques, et politiques, pour ce 10 décembre, une grande marche de sensibilisation contre la violation des droits fondamentaux de l’homme est prévue au cœur même de la capitale, pour contester une fois de plus les actes inhumains et dégradants commis en permanence à l’endroit de la communauté haïtienne qui réside sur le territoire. Cette marche pourrait bien être l’ultime qui sensibilisera le pouvoir en place, et le pousser à jeter un regard dévolu sur la calamité atroce du peuple vis-à-vis de l’insécurité. Peut-être qu’il réalisera qu’il est temps de requérir l’aide militaire internationale afin de mettre fin à ce cauchemar, vu que la police nationale à maintes reprises, a prouvé qu’elle n’est pas en mesure d’assurer la sécurité du peuple à elle seule, contrairement à ce qui a été prévue en octobre 2017, lors du départ de la MINUSTAH.

Saphir PAULÉMON

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