12 janvier 2021: que des larmes de crocodiles!

Ce mardi 12 janvier 2021, a été déclaré journée de commémoration et de réflexion à la mémoire des victimes du séisme de 2010. Le drapeau national est mis en berne, les discothèques entre autres ont été invités à fermer leurs portes. Les stations de radio et de télévision ont une programmation spéciale. Entre-temps, nous continuons à construire n’importe où et sans respecter les normes sous le regard, complice, des autorités.

Crédit Photo : Palais National

Il y a toujours eu des séismes. Il y aura d’autres. Les séismes ne tuent pas en soi, les mauvais comportements quant à eux continuent à causer de nombreuses pertes en vie humaine.

Onze ans après le séisme du 12 janvier 2010, ce mardi « est déclaré journée de Commémoration et de Réflexion à la mémoire des victimes de la catastrophe provoquée par le tremblement de terre ayant dévasté le pays le 12 janvier 2010 » stipule la note de presse du Secrétariat Général de la Présidence. Cette décision s’inscrit dans la logique de l’arrêté du 6 janvier 2015.

Avec moins d’émotions que lors des commémorations précédentes, la population vit cette journée. Ceux qui ont perdu un proche ou dont le corps porte encore des traces de ce drame, ne peuvent pas dire autant. Toutefois, qu’avons-nous appris réellement ?

Le Palais National invite la population à la réflexion. Mais, son locataire et ses collaborateurs ont-ils réfléchi aux mesures à prendre pour réduire le nombre de victimes au prochain et inévitable séisme ? Les constructions anarchiques et ne respectant pas les normes de construction parasismique ont causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’êtres humains. Onze ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Pire, des matériaux provenant de maisons qui s’étaient écoulées lors du séisme ont été utilisés dans la construction de nouvelles. Certains maisons durement endommagées ont été réparées alors qu’elles devraient être démolies. Nous continuons à transformer nos maisons en de vrais pièges à rats, pour plus de sécurité disent certains.

Le personnel de premier secours manque de tout. Nos centres hospitaliers ne font pas exception à cette règle. Onze ans plus tard, des gens vivent encore sous des tentes! Onze ans plus tard, nous ne connaissons toujours pas les failles sismiques.

Le danger nous guette. Mais au lieu de prendre des dispositions nous continuons à verser, des larmes de crocodiles.

Stevens JEAN FRANÇOIS
Secrétaire de Rédaction

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