Atteinte au droit à la vie privée : Faut-il quitter Whatsapp ?

L’année 2021 s’annonce amère pour les internautes. Depuis que whatsapp a annoncé une modification de ses règles de confidentialité, les inquiétudes de ces utilisateurs se partagent sur les réseaux sociaux. Doit-on ou peut-on faire fi de ces nouvelles règles ? Ces questions sont sur plusieurs lèvres. Quoique les critiques fusent de partout, la maison mère de l’application n’envisage qu’une seule possibilité : Après le 8 février, les utilisateurs qui n’accepteront pas ces nouvelles dispositions ne pourront plus utiliser ce service.

Crédit Photo : lenouvelliste.ch

Un coup juridique très amer. Que fait-on de nos droits ? Nous sommes plusieurs à ne pas lire les termes et les conditions d’utilisation de nos applications ; ces textes ont été conçus pour vous décourager de les lire.

En 2013, une étude menée par l’université de Carnergie Mellon à Pittsburg a révélé qu’il faudrait 76 jours par an, 8 heures par jour pour lire des termes et conditions d’utilisations utilisés. Tout change en 2021 : on lit.

La lecture des nouvelles conditions d’utilisation de whatsapp a su attirer la fureur de plus d’un. Ces nouvelles mesures obligent les utilisateurs à accepter que certaines données telles que le nom, pseudo, numéro de téléphone, les adresses IP ainsi que les informations relatives aux appareils des utilisateurs soient partagés avec les autres entités du groupe Facebook, la maison mère.

Si l’article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 protège la vie depuis des décennies, l’émergence d’internet tend ce droit à la dérive. Photo sexy, photo nude puis publiées, publications de statuts pour être à la mode : volontairement nous violons nous-mêmes notre vie privée sur internet.

Protéger son droit au respect de sa vie privée est aujourd’hui illusoire avec les réseaux sociaux. Vos informations intimes quand elles ne sont pas publiées par vous sont faites par vos proches pour perpétuer la vague « M’ap byen pase ». Si le partage personnel et volontaire de nos photos est considéré comme un fait normal, il n’en demeure pas moins qu’il peut être considéré comme un acte abusif et tyrannique quand whatsapp nous force à les partager.

Face à ces critiques, les utilisateurs optent pour d’autres applications comme Signal, Telegram. Et pourtant, nous nous retrouvons encore dans ce cercle vicieux de collecte des données alimentées par des internautes qui publient TOUT. Protéger son droit au respect de sa vie privée ne revient donc pas à quitter whatsapp.

Protéger son droit au respect de sa vie privée équivaut à retenir pour soi vos humeurs, votre joie de vivre, vos nouvelles rencontres. Car ces derniers, une fois divulgués, vous serez le seul
responsable du viol de votre vie privée.

Stepherly Murielle Paillant
Licenciée en Droit

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