La transition : une condition nécessaire mais non suffisante.

Il est une réalité très mal appréhendée par les politiques, mais qui en elle-même constitue le tissu de significations communes sur lequel se tisse tout le schéma de nos vicissitudes. Il s’agit en effet du rapport qui lie Les acteurs et les évènements.

Les épistémologues définissent un évènement comme étant un fait associé à un changement, mais que contrairement à un phénomène,il ne se produit qu’une seule fois. Ainsi, les événements liés au corps social peuvent être soit un moyen de progrès s’ils ont été anticipés par les acteurs; soit une obligation de réévaluation totale si les acteurs ont été dépassés par la force des choses.
Et lorsque par malheur ,un événement non anticipé produit un changement d’ordre structurel affectant les couches profondes du corps social; une seule solution s’impose : changer de paradigme.

Nous avons connu, en nous référant à l’histoire politique récente de notre pays, trois (3) grands évènements. Evidemment, tous ont été mal anticipés. Il s ‘agit bien entendu des mouvements révolutionnaires de 1946 suite auxquels le pays allait connaître une dictature féroce; le coup d’Etat militaire de 1991 qui a occasionné l’embargo; renversement du Président Jean-Bertrand Aristide à nouveau en 2004 avec pour conséquences le débarquement des forces Onusiennes, qui à son tour allait engendrer entre autres le choléra. Et plus proche de nous en 2015 la transition qui a donné Jocelerme Privert.


Somme toute, tous ces événements se sont soldés par des échecs.

Alors, puisque nous subissons, par hypothèse d’hystérésis, les conséquences des dégâts laissés par les évènements; et que le dernier régime en place n’avait ni la capacité ni la volonté d’en tirer une telle conclusion; nous sommes pour ainsi dire piégés dans une spirale infernale. Donc une fois de plus c’est la conjoncture qui nous dicte le chemin à emprunter.

Mais quel chemin nous dicte la conjoncture?

La conjoncture nous dicte qu’il faut casser le système (changer de paradigme) et partir sur de nouvelles bases.
Mais considérant qu’il soit impossible dans une perspective exclusivement sociale de faire un saut qualitatif pour passer de cet équilibre de bas niveau à un autre plus stable; une transition reste la seule alternative possible. En d’autres termes, la transition est une condition nécessaire pour casser définitivement ce système corrompu. Mais malheureusement elle est loin d’en être suffisante.

La logique est simple, les transitions précédentes n’ont pas résolu nos problèmes parce que les acteurs n’ont jamais fait le bilan.


En effet , le bilan ne leur sera pas profitable car ils redoutent la Conférence Nationale (domaine d’évaluation du bilan) et élément de condition suffisante à la transition.

Toutefois pour compléter le caractère insuffisant de cette transition-qui se doit d’être la dernière – la Conférence Nationale(CN)doit obligatoirement faire l’objet d’une concertation populaire. Ainsi, tout autre secteur ou acteur qui dans une démarche d’appropriation politique embrasse cette cause à lui seul fera fausse route.


Des citoyens doivent en ce sens s’organiser pour exiger la tenue de la CN, surveiller son déroulement et s’assuer de la mise en d’oeuvre des solutions qui en découleront.

La Conférence Nationale est un projet trop important pour le confier totalement à de simples politiciens.

Kervens CHÉRUBIN
Brigad Konferans Nasyonal
Kervenscherubin@gmail.com

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