Pourquoi M. Jovenel Moïse est-il encore au Palais National

Un texte de Jean André Victor 10 / 02 / 21

Monsieur Jovenel Moïse serait déjà un mauvais souvenir depuis longtemps, s’il n’y avait pas une lutte de pouvoir à l’intérieur des forces de l’opposition. Ces dernières ont pris un temps fou pour arriver à un accord partagé, sans avoir pu construire l’unité de commandement nécessaire à la poursuite des objectifs recherchés. Jusqu’à l’heure actuelle, ceux qui s’opposent aux dérives de l’Administration Moïse/Jouthe n’ont pas pu ou n’ont pas su mettre en œuvre ledit accord partagé.

Crédit Photo : Yahoo Finance

Il y a une lutte féroce entre certains groupes politiques pour contrôler le pouvoir de transition à venir. Evidemment, il y a accord sur la forme, la taille, le mandat, le profil ou même la structure du gouvernement de transition à mettre en place. Le problème, c’est la composition de ce gouvernement. Qui désignera qui ? Qui nommera qui ? Qui a la compétence pour donner des compétences à qui ? Le « ne rien faire » devient alors un savoir-faire tandis que le pike devan mène la danse. N’est-ce pas qu’on s’égare ?

Pourquoi alors certains veulent contrôler les avenues du pouvoir. Ce n’est pas sorcier. La grande motivation, c’est la corruption. Ce mal de société qui pousse les corrompus à frapper dans le dos est transmis de corrupteur à corrompu et vice versa. A la vérité, les nouveaux corrompus juchés sur les épaules des anciens voleurs sont plus malins que ces derniers. Ceux qui font la politique du pire ne se privent jamais du plaisir de détruire ce que des gens honnêtes ont construit avec beaucoup de peine. Les corrompus au pouvoir jubilent quand les corrompus aux abords du pouvoir s’agitent.

Or, ceux qui se ressemblent s’assemblent. Les corrompus qui se trouvent dans un camp ont tendance à donner la main aux corrompus qui forment le camp adverse. Les anciens corrompus donnent la main aux nouveaux et ces derniers recherchent la compagnie des anciens. Pour faire quoi ?. Pour barrer la route à ceux qui parlent d’honnêteté, de transparence et de lutte contre la corruption. Pourquoi alors les gens de bien ne se mettent-ils pas ensemble ? C’est que les gens de rien et les vauriens sont plus nombreux. Mais, à long terme, la médiocrité est toujours battue par l’esprit.

Il ne suffit pas d’explique les choses ; il faut pouvoir les changer. Changer les choses, c’est se battre pour la liberté sans condition du Juge Dabrexil, pour le retrait de la décision de mise à la retraite des trois juges de la Cour de Cassation, pour la libération des prisonniers politiques, pour l’incarcération des vrais criminels et des vrais bandits, pour faire progresser le procès Petro Caribe et pour organiser la tenue de la Conférence Nationale Souveraine. Pour dire non à la dictature et oui à la liberté et à la dignité. Zòt toujou nan palè nasyonal paske manke transparans nan mitan fòs opozisyon yo.

Jean André Victor

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