Vivons dans la peur, dansons dans la merde et pour le reste on s’en fout


Naisha St Fleur est le nom qui vient de s’ajouter sur la liste des victimes de cette situation d’insécurité qui sévit dans le pays. Accompagnée de son fils, cette jeune avocate au Barreau de Port-au-Prince a été enlevée dans son véhicule à Pacot , aux environs de l’école Saint Jean Évangélique ,ce Mardi 16 Février 2021, la deuxième journée de la plus grande fête nationale et culturelle du pays.

Photo de participants au défilé carnavalesques à Port de Paix


Alors que le pays d’une part, fait face à, peut-être, le grand défi politique de son histoire avec la montée d’un nouveau président , Joseph Mécène Jean Louis, désigné par l’opposition, qui depuis est dans le collimateur de la Justice pour les faits reprochés de présomptions graves contre la sureté de l’État, et un président en force de démission, Jovenel Moïse très contesté, qui affirme que son mandat prendra fin en février 2022 alors que la résolution de la Fédération des barreaux Haïtiens (FBH), le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et plusieurs organisations des secteurs protestant et catholique ont reconnu que le mandat du président a pris fin le 7 février 2021. Nul besoin de mentionner le secteur « démocratique » et populaire qui continue les casses et destructions de toutes sortes dans la zone métropolitaine à travers ses manifestations néfastes.


D’autre part, Le Carnaval prend son pied dans le ville de Port-de-Paix, chef-lieu du département du Nord’Est. 15000 policiers ont été déployés pour sécuriser le carnaval à Port-de-Paix tandis que les ravisseurs continuent de semer la terreur à Port-au-Prince. Entre temps, le peuple s’enivre de Djakout , de T-vice et de Sweet Micky à Port –de-Paix où la famille présidentielle est trônée dans le royaume du mardi gras. « Longue vie au Roi Jojo!!  Qui a triomphé de la dernière tentative de coup d’état raté », impliquant certains juges de la Cour de Cassation et du haut gradé de la police.


Dans ce climat de tension étendue et des obstacles politiques, le peuple continue à danser, cependant, l’école reste fermée. L’indolence dont font preuve des acteurs du système éducatif a des conséquences graves sur la vie de nos enfants. Pour cette année, on ne peut trop espérer une amélioration, d’une année scolaire gagnée car les jours de classe coûtent chers à la république.


De toutes les crises qu’Haïti a connues depuis 1986, celle-ci est la plus dévastatrice. Car, elle est circonscrite dans l’ignorance d’un peuple face à son avenir funeste. Le désastre de ce peuple n’est pas dû au hasard ou à la malignité de ces dirigeants mais c’est plutôt le résultat de ses choix émotionnels et de ses actions irraisonnées. Alors que le pays est en pleure; nous dansons dans la merde du moins le reste on s’en fout. Cette bien triste caricature est malheureusement la réalité d’Haïti.


Lamaria

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