Pourquoi M Jovenel Moïse est-il encore au Palais National ? (5ème Partie)

Jean André Victor, 2 Mars 2021

Monsieur Jovenel Moïse est encore au palais national parce que le lien qui devrait unir les manifestations populaires et l’action politique nécessaire à son renversement n’est pas établi correctement. Or, un tel lien se trouve dans les règles qui régissent la 4ème guerre mondiale et dans les méthodes et techniques de cette guerre invisible qui oppose notamment les EUA à la Chine, la Corée du Nord, la Russie, l’Iran, le Venezuela, bref un ensemble de pays appartenant à l’Amérique, l’Eurasie et l’Afrique, chaque Etat souverain, en ce qui le concerne. Comment faire pour identifier et trouver ce lien secret et mal connu ?

Crédit Photo : Ted Actu

Après la guerre 1914/1918, 1941/1945 et la guerre froide 1950 /1991, le monde vit actuellement à l’heure de la 4ème guerre mondiale, laquelle est une guerre politico-économique dont certaines expressions demeurent invisibles et imprévisibles à l’intérieur d’un espace virtuel où dominent les armes électroniques et la menace nucléaire, selon les experts en polémologie. Haïti est une victime de la 4ème guerre mondiale, en tant que colonie numérique et pays interdit d’arme nucléaire par le droit international, sans aucun accès, non plus, au marché officiel des armes conventionnelles où chaque pays producteur défend rageusement sa part de marché.

Le commerce des armes conventionnelles encouragé par les Etats dotés de l’arme nucléaire est alors florissant dans les pays comme Haïti qui ne produit ni armes ni munitions. Dans ces pays-là, les trafiquants d’armes ont beau jeu quand l’armée n’existe pas ou presque, ou encore quand les trois formes de violence (politique, criminelle et sociale) subsistent en même temps. C’est pourquoi, Haïti est devenue un marché lucratif pour les producteurs et les vendeurs
d’armes conventionnelles. La politique d’armement des pays exportateurs mérite alors une attention particulière quand on analyse le jeu de l’offre et de la demande d’armes conventionnelles dans les conflits internes de haute intensité.

En l’absence d’une armée de métier, la Police Nationale d’Haïti (PNH) est incapable de faire face simultanément à ces trois formes de violence dont les chefs de file vendent leurs services au plus offrant et dernier enchérisseur. Une telle situation favorise l’émergence des pouvoirs de facto, des gouvernements illégitimes et celle des présidents autoproclamés, au grand dam de l’Etat de Droit. Ce n’est pas la loi qu’il faut craindre, mais le juge, nous dit un proverbe russe. En situation de guerre, les hommes sans foi ni loi sont dangereux, mais les religieux et les avocats peuvent aussi négocier un cessez-le-feu.

Par exemple, si on veut faire le lien entre les manifestations de masse organisées le 28 février 2021 et l’action politique destinée à combler une éventuelle vacance présidentielle, il faut choisir entre l’une ou l’autre de ces trois options : activer le mécanisme qui doit porter au pouvoir un Juge de la Cour de Cassation, ou renforcer la légitimité de ce dernier en lui confiant la présidence d’un conseil de gouvernement, composé de deux autres membres ou encore
désigner un nouveau Président Provisoire politiquement actif et immédiatement opérationnel. Dans les trois cas, il est possible de compter préalablement sur la décision d’un Tribunal Citoyen (Citizen’s Tribunals) ou celle du Tribunal Permanent des Peuples, inauguré en 1979, en Italie. Faut-il continuer à délibérer lorsque Rome brûle ? Il ne faut point oublier que le rhum a des étoiles tandis que le tafia n’en a aucun.

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