Haïti | Infrastructure: À Boucan Carré, une initiative citoyenne a vu le jour pour compenser l’irresponsabilité de l’État

Vous n’êtes pas sans savoir que les collectivités ne sont pas traitées à la même mesure. Certaines sont largement choyées, alors que pour d’autres, utiliser « oubliées » serait un euphémisme grotesque, tant qu’elles sont maltraitées, mal entretenues.

Crédit Photo : Gracia Wilson Thomas

Cela met en relief l’injustice de l’État, sa velléité incommode de creuser des écarts discriminatoires, voire alimenter cette mauvaise tendance de marginaliser certaines communes au détriment d’autres.

Et Boucan Carré, malheureusement, commune du Bas Plateau Central récemment promue circonscription électorale, est de ce lot des stigmatisées. Bien des faits pourraient expliquer les stigmates dont subit ladite commune qui manque de tout sur le plan infrastructurel surtout. On se le rappelle, le pont Palma effondré en 1997, n’a été reconstruit qu’en 2018, soit vingt-et-un ans plus tard. Tout ce temps pour la reconstruction d’un pont au beau milieu d’une route principale, sinon la seule pour accéder au centre-ville par voiture. Mais, comment est-ce possible, même par imagination, que la seule voie d’accès réelle de 50.000 habitants environ soit coupée pendant près qu’un quart de siècle sans que personne ne lève le petit doigt?

A peine reconstruit, des menaces éminentes pèsent sur ce pont très important pour la commune, pour faciliter les paysans à transporter leurs denrées, et permettre un transport sans casse-tête.

En fait, le Pont Palma faisait partie d’un projet global de construction de la route de Boucan Carré partant de Carrefour Domond à Chambeau, lequel projet n’a pas atterri comme plusieurs autres, d’ailleurs, qui n’ont jamais eu de suite malgré d’éventuelles démarches des autorités locales auprès du pouvoir central. Tous des élus sous la même bannière du PHTK, pourtant cela n’a pas empêcher que les choses soient ce qu’elles sont.

Là où l’État faillit à ses responsabilités, ses prérogatives, ou que les autorités n’honorent pas leurs promesses dites de campagne, il est un devoir crucial que les concitoyens s’engagent et s’unissent pour redresser les problèmes de leur communauté. C’est ce que les Boucanais ont compris, ou du moins une frange, composée essentiellement des membres de la diaspora, des étudiants, jeunes professionnels, éventuels candidats, et des notables de la zone. Et ils s’unissent autour d’un projet, malgré les disparités politiques, afin de circonscrire les menaces bien trop réelles qui pèsent sur l’avenir du Pont Palma, en mettant quelques mètres de macadam aux deux extrêmes. En effet, d’énormes nids de poule situés aux deux extrêmes du pont, à cause que la route n’a pas été construite, risquent de l’éroder à petits feux. Une poison lente, mais sûre.

Par ailleurs, les concernés lancent un appel aux autorités du Pouvoir central de comprendre l’urgente nécessité d’œuvrer en faveur du bien-être de toutes les communes, sans discrimination aucune. Et surtout, de se pencher sur le cas de la construction de la route de Boucan Carré qui est une priorité absolue, afin de garantir l’accès à cette belle commune que l’on ignore.

Étienne De Saint-Exil
etiennedesaintexil@gmail.com

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.