Haïti-Santé : À quand la construction du Bernard Mevs de la population

Bernard Mevs s’est imposé comme une référence dans la prise en charge des blessures par balles! L’insécurité grandissante que nous connaissons en Haïti, ne laisse passer un jour sans causer une blessure par balle. Quand elle n’est pas mortelle dans les premières 24 heures, Bernard Mevs prend le relais; mais combien coûte cette prise en charge lorsqu’il s’agit d’un simple citoyen?

Crédit Photo : haiti24.net

Dans 90 % des cas, la prise en charge d’une blessure par balle pour un agent de la force policière nationale est couverte par l’État, mais dans le cas où il s’agirait d’un particulier, cette couverture est assurée par les membres de la famille ou du moins le ou la concerné-e bénéficie très rarement la bonne grâce des médecins.

Combien coûte réellement une telle prise en charge?

Selon les informations dont nous disposons, le 8 février dernier pour accéder à la salle d’opération, la somme de 175, 000.00 HTG a été exigée au journaliste de Tele Pam ; victime d’une blessure dans l’exercice de ses fonctions au Champs de Mars. Si ce barème s’applique à toutes les victimes, se faire soigner d’une telle blessure risque de contribuer à appauvrir un peu plus les ménages à côté du kidnapping qui constitue le gros lot dans le processus de décapitalisation des couches les plus faibles.

Et l’État haïtien dans tout ça ?

En quoi la construction d’une structure de type Bernard Mevs; pourquoi pas d’un service spécialisé et fonctionnel de l’hôpital général (HUEH) avec le personnel et les équipements qu’il faut, pourrait aider l’État et soulager les gens de petites bourses qui sont autant exposés que les policiers sur le front? En Haïti, il est plus facile dans 95 % des cas de passer un jour avec moins de 2 dollars US que de le passer sans la nouvelle d’une blessure par balle donc, à plus forte raison pour l’État de mettre à la portée de ses concitoyens une structure semblable à Bernard Mevs.

Incapables de garantir la sécurité des citoyens, les membres du gouvernement actuel sont aux abonnés absents. Dépités par presque la quasi-totalité de la population, Joseph Jouthe, premier ministre de facto et son gouvernement auront marqué leur passage malgré tout, s’ils arrivent à implanter la structure susmentionnée; puisqu’ils sont incapables de garantir qu’ils n’y auront plus de blessés par balles dans le pays qu’ils prétendent diriger. Faudrait pour commencer qu’ils arrivent à trouver les fonds qui étaient destinés à la construction de l’HUEH.

Par ailleurs, si l’État tarde à implanter une structure de prise en charge des blessures par balles faudrait-il penser à équiper et/ou rendre fonctionnel avec les ressources humaines adéquates comme à Bernard Mevs, l’hôpital de bon repos, destiné aux policiers et d’autres centres destinés au grand public.

Seide Putnam LOUS-JEAN

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