Le kidnapping ou l’émergence d’un marché à rompre.

L’économie n’a de sens que pour les hommes. Et cela va de soi. Souvenez-vous vous en. Nos besoins sont divers et illimités,tandis que les ressources dont nous disposons sont d’une rareté constante. C’est effectivement dans une perspective de compensation de ces deux (2) réalités que naissent les marchés. Et pour cause, tout ce qui relève de l’activité humaine pour peu qu’elle soit rentable est économique.

Ainsi, étant caractérisé par ces propriétés en acte, comme le postule Michael Tooley et Peter Singer. Les hommes sont les seuls éléments de la nature à avoir exigé et recherché constamment plus que le strict nécessaire. Ce qui, vraisemblablement, devient encore plus complexe lorsque dans un élan de pure concurrence,les gains extrêmes des uns privent les autres du minimum vital. Et c’est à travers les trames de ce rapport pervers que s’explique,si on se réfère à l’explication de Abraham Maslow,l’impossibilité pour certains individus de devenir des personnes au sens particulier de Peter Singer.

Que faut-il à un individu pour devenir une personne?
Le psychologue A.Maslow a expliqué,et c’est presque sans conteste,les échelons que doit gravir chaque individu pour devenir une personne – à travers un schéma plus connu sous le nom de pyramide des besoins -.
L’être humain,selon lui,aspire avant toute chose à rester vivant et à perpétuer l’espèce. Ainsi, priorise-t-il,les besoins dits primaires, c’est-à-dire que l’individu cherche d’abord à manger, à se reproduire, à se vêtir,etc.
Et immédiatement après,vient un certain besoin de sécurité – si on s’en tient uniquement aux deux premiers niveaux de la pyramide-. Et par sécurité, il entend entre autres priorités, le sentiment d’un environnement stable et sans crise.(voir theory of human motivation A.Maslow)

Donc lorsqu’au préalable ces deux premiers besoins ne sont pas satisfaits, l’ascension de l’individu est automatiquement bloquée. Il reste au stade animal.Et par conséquent il agit par instinct. Quitte à devenir un danger pour ses congénères.

Ce n’est donc pas par hasard que le taux de criminalité est plus élevé dans les pays dont les indices de niveau de vie sont les plus faibles. L’individu, à défaut des conditions justifiant sa situation d’être humain, se voit(comme tout autre animal animé au prime abord par leur instinct de survie) dans l’obligation de s’y réduire à propos…car survivre devient la seule alternative.
Voilà donc comment se redessine le schéma classique de notre état de nature en plein 21ème siècle.Ceux qui s’adaptent le mieux se convertissent en prédateurs de tout sorte. Tantôt positif; entrepreneurs, sportifs, politiciens,etc. Tantôt négatif; c’est-à-dire toutes autres activités relatives aux pratiques jugées illicites (viols, vols, kidnapping).
Ceux qui s’y adaptent le moins en sont les proies .
Pour les entrepreneurs,les sportifs, les politiciens…ils sont respectivement des consommateurs,des assistants,des électeurs.
Mais aussi sont-ils les violés et les kidnappés de ceux qui pratiquent les activités illicites.Ils ont pour mérite la capacité de se conformer à leur situation de proies. En Haïti,on les appelle par euphémisme,majorité silencieuse.

Ainsi la société, suivant le principe de l’inconscient collectif se voit,faute de mieux,dans l’obligation de signifier la nécessité de cohabitation. D’où le fait pour certains (les potentiels victimes) d’imprimer par exemple des t-shirts avec des slogans tels que  » pa kidnape m m pa gen kòb »; ou encore de procéder à des fundraising pour libérer un proche. Se faisant,les ravisseurs de leurs côtés se vantent du bon traitement que reçoivent leurs otages. Et parfois, c’est la victime elle-même qui en témoigne;soit sous l’effet du syndrome de Stockholm soit sous pressions des ravisseurs.

Et puis, petit à petit,sans nous en rendre compte, un marché se dessine sous nos yeux. Nous avons d’un côté les extra capitalistes opportunistes et politiques qui profitent de ces individus bloqués au stade animal de leur existence. Et de l’autre l’ensemble de la société qui peu à peu s’y accommode.
Néanmoins cet état de fait banalisé par plus d’un n’est pas sans conséquence sur la montée de ce phénomène,qui malgré nous se hisse au rang d’une activité économique.
Ce n’est pas une situation inventée. Les faits sont là. Nous avons chacun,au moins une fois durant ces deux dernières années, évalué nos ressources au cas où un membre de notre famille se ferait kidnapper. N’est-ce pas là l’évaluation d’un budget pour le moins comptable?

Kervens CHÉRUBIN
kervenscherubin@gmail.com
509 39359132

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.