La grève des médecins, un mouvement peu productif

La semaine dernière, j’écoutais l’interview d’un résident de la Maternité de l’Hôpital Universitaire Justinien. Le journaliste ne pouvant en croire ses oreilles a demandé au médecin s’il était sûr de ses affirmations. Si son discours ne visait pas uniquement le dénigrement de cet hôpital. Aussi absurde qu’il soit d’imaginer, la situation est grave. Pourtant, bien que sincères et déterminés, les grévistes peuvent difficilement faire bouger les choses. Pourquoi?

Le blâme

Lorsque l’affreuse réalité des murs des hôpitaux universitaires viendra s’exposer au nez du public, les médecins en grève seront blamés. Cette personne en détresse respiratoire qui succombera devant l’hôpital durant la grève, même si en temps normal, il n’y aurait pas eu d’oxygène pour elle, c’est préférable pour les instances concernées qu’elle ne décède pas sous l’attention des médias sociaux. Cette femme qui vient d’accoucher et qui saigne, mieux vaut qu’elle soit à l’intérieur d’une maternité sans bloc opératoire fonctionnel ni banque de sang que de dehors sous l’oeil public. Ces blessés déjà infectés, mettez les à l’abri. Une salle d’hospitalisation aussi insalubre que les rues peut raisonnablement faire l’affaire. Lorsque ces scénarios s’enchaîneront, les grévistes à tort seront critiqués. Alors, ils n’auront d’autre choix que de reprendre leur poste. Ainsi la conscience tranquille, tout le monde pourra ignorer la gravité de la situation.

Le temps

Le temps. Il est contre les médecins-résidents et internes. La formation résidentielle, l’internat et le service social s’étendent sur un nombre fixe de jours. Si le résident manque un jour, quelque soit le motif, la durée de sa formation s’allongera d’un jour. Il doit compenser pour ce jour manqué. Jusque là, ça va! Imaginez maintenant, ce que c’est d’arrêter le travail pour protester pendant un mois. Deux mois. Plus. Et rien n’est fait!!!

Les administrateurs des hôpitaux universitaires savent que les médecins en formation spécialisée ne peuvent se permettre une grève qui dure. Le ministre et le directeurs départementaux de la santé savent qu’à la longue, ils finissent toujours par reprendre le travail que leurs revendications soit entendues ou pas. Par conséquent, tous les partis jouent sur cet élément et attendent leur retour. Plus aux abrois qu’avant peut être mais ils reviennent. Fin de la discussion. Hashtag Rien ne change. Hashtag Ils ont perdu leurs temps….

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