Assassinat Politique ou Dialogue Républicain

1. Les vrais besoins de dialogue

Jean André Victor, 5/04/21

L’assassinat est-il plus important que le dialogue ?  Pourquoi a-t-on assassiné Jean Jacques Dessalines, le père fondateur de l’Etat Haïtien ?  Pourquoi a-t-on ôté la vie de Juan Pablo Duarte, le père fondateur de la République Dominicaine ?  Pourquoi a-t- on blessé mortellement Abraham Lincoln, le père de l’abolition de l’esclavage aux EUA ?  Pourquoi a-t-on brûlé la cervelle de John F. Kennedy, de Martin, L. King ou de Malcom X dans les salons de l’Oncle Sam ?  Pourquoi Rome a-t- il crucifié Spartacus et Jésus Christ ?  A la manière de Saint-Augustin, je peux vous assurer que je connais la réponse si vous ne me la demandez pas.  

Pourquoi ceux qui ont massacré Dessalines ne cherchaient-ils pas à dialoguer avec l’Empereur Jacques 1er ?  Pourquoi le Conseil d’Etat d’alors n’avait- il pas jugé nécessaire de rencontrer le grand guerrier avant le drame du Pont Rouge ?  Ceux qui voulaient la mort du Vengeur de la race avaient-ils un vrai besoin de dialoguer ?  Par la suite, on a refusé le dialogue à Me Mireille Durocher Bertin et à Me Monferrier Dorval.  Pourquoi ?  Y a-t- il des professions qui commandent le dialogue et d’autres qui recommandent l’assassinat ?

De 1804 à nos jours, le nombre de crimes et d’assassinats enregistrés dans notre pays est effarant.  Il y a beaucoup plus d’assassinats de personnes que de rencontres politiques pour décider de l’avenir du corps social.  Ils ne sont pas nombreux les grands sommets politiques qui deviennent des citadelles.  La Cérémonie de Bois Caïman en 1791, le Sommet de Camp Gérard en 1802 et le Congrès de l’Arcahaie en 1803 constituent les trois piliers de tout projet de Chita Tande.  Chez nous, les tremblements de terre détruisent les palais et non les citadelles.

Dit autrement, l’âge d’or du dialogue national, c’est avant l’Indépendance du pays et non après.  Depuis 1804, il n’y a jamais eu de dialogue au sommet pour penser Haïti.  On a laissé tomber la formule Liberté ou la Mort, pour adopter, sans dialogue, la devise française Liberté, Egalité, Fraternité.  Les nombreux projets de constitution que le pays a connus de 1806 à !987 ont été validés sans dialogue.   L’article premier de la Constitution de 1987 qui fixe le profil particulier de la république a été amendé sans dialogue préalable.  Y a-t- il vraiment une volonté nationale pour respecter et faire respecter les constitutions ?

De 1987 à cette date, la liste des assassinats ne fait que s’allonger.  Où sont passés les assassins de Jean Dominique, de Sylvio Claude ou de Père Ti Jean ?  Que sont devenus les restes de Gasner Raymond ou de Briignol Lindor ?  Le nombre élevé d’assassinats enregistrés ces dernières décennies n’est-il pas un signe de l’absence de dialogue observé depuis deux siècles ?.  Quand on assassine des non-violents comme Martin L King ou Mahatma Ganhi, on proclame ipso facto que les criminels au pouvoir préfèrent l’assassinat au dialogue.

Le cinquième commandement nous dit « Tu ne tueras point ».  Il vaut mieux vacciner son prochain plutôt que de l’assassiner. Le meilleur vaccin contre le mal national est la Conférence Nationale Souveraine dont la mise en œuvre passe, aujourd’hui ou demain, par l’instauration d’un pouvoir de transition.  Un document porteur de propositions innovantes verra le jour bientôt afin de montrer que la solution des problèmes structurels dépasse de loin le dossier de M. Jovenel Moïse qui aggrave les souffrances d’un pays en train de partir en morceaux.

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