Dossier Arnel Joseph: la PNH et le CSPJ se posent comme obstacle à la poursuite de l’instruction, révèle l’OCNH.

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a révélé à l’opinion publique, les informations colligées dans le cadre d’une série d’enquêtes portant sur le dossier de l’ancien chef gang Arnel Joseph. L’attitude laxiste de la Direction Générale de la PNH et du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) est pointé du doigt.

Luttant contre l’impunité et militant pour le renforcement de la justice haïtienne, l’OCNH a mené du 1er au 30 mars 2021 une série d’enquêtes relatives au dossier Arnel Joseph. Ce « chef de gang tout-puissant qui causa la mort de plusieurs personnes et réalisa plusieurs kidnappings entre autres infractions. Il a semé la terreur tant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, à Village de Dieu quartier de l’entrée Sud de la Capitale située à quelques pas du Palais de Justice. Il a ensuite imposé sa loi dans le département de l’Artibonite plus précisément à Marchand Dessalines. Une enquête réalisée par la commission Justice et Sécurité du Sénat de la République en 2019 avait conclu que l’un de ses membres, le Sénateur Garcia Delva, élu du département de l’Artibonite, était de mèche avec Arnel Joseph , le chef du gang. Cette enquête faisait suite au révélations du DG de la PNH d’alors, Michel Ange GEDEON, lors de son audition au Sénat. Il avait fait comprendre aux sénateurs que la DCPJ avait recueilli des preuves de l’existence d’une étroite relation entre le sénateur et le chef de gang. Arnel Joseph a été arrêté par des unités de la police nationale, le lundi 22 juillet 2019 à l’hôpital Lumière de Bonne-Fin situé dans le département du Sud non loin de Cavaillon » a rappelé l’organisation de promotion et défense des droits humains dans un document daté du 5 avril 2021.

Son dossier a été tansféré à la juridiction de Port-au-Prince et le Doyen du TPI de Port-au-Prince a désigné, Magistrat Ikenson EDUMÉ pour l’instruire. Selon les révélations de l’OCNH, « aucune mesure d’accompagnement n’a été mise en œuvre ce malgré des appels répétés auprès de la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti et le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Le juge instructeur n’a pas reçu de véhicule ni sa sécurité n’a été renforcée« .

Le Magistrat Ikenson EDUMÉ, a auditionné Arnel Joseph au carré de son cabinet le 25 janvier 2021. « Ce dernier s’est évadé un mois plus tard, le 25 février, avec plusieurs centaines d’autres détenus lors d’une mutinerie à la prison à la prison de Croix-des-Bouquets.Le lendemain, il a été abattu par une patrouille policière à plus d’une centaine de kilomètres de la prison. Arnel Joseph est passé de vie à trépas, mais la justice haïtienne a encore du pain sur la planche. Car Arnel a fait des révélations fracassantes sur ses relations avec des membres de l’Exécutif et du Législatif » rappelle l’OCNH dans son document officiel authentifié par son coordonnateur général Camille Occius.

Ce dossier semble assez compliqué, la PNH n’a donné aucune information relative à l’individu, présenté comme un policier, qui a été arrêté parce qu’il servait de chauffeur à Arnel Joseph après son évasion. De plus le journaliste Valéry Numa a révélé sur les ondes de la Radio Vision2000 le contenu des déclarations d’Arnel lors de son passage au cabinet d’instruction. Il a fait d’étonnantes révélations au Juge instructeur qui aujourd’hui craint pour sa sécurité.

« Alerté par l’accroissement de l’insécurité et de la prolifération d’armes à feu dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et conscient des risques auxquels il est exposé, notamment en ce qui a trait à l’instruction d’Arnel Joseph, le Magistrat Ikenson EDUMÉ, le 26 janvier 2021, avait écrit à Monsieur Léon CHARLES, Directeur Général a.i de la PNH pour lui demander de mettre à sa disposition une arme à feu. Le 8 février 2021, dans une lettre cosignée avec Me Bernard SAINT-VIL, Doyen du TPI de Port-au-Prince, le magistrat a sollicité la mise d’un agent de la Police Nationale d’Haïti à sa disposition pour assurer sa protection. Plus d’un mois plus tard, la Direction Générale de la PNH n’a donné aucune suite aux requêtes. Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire ( CSPJ) a aussi été contacté. Dans une lettre reçue par le CSPJ le 28 janvier 2021, vue et approuvée par le Magistrat Bernard SAINT-VIL, Doyen du TPI de Port-au-Prince, le Magistrat Ikenson EDUMÉ, à cause des risques auxquels il est exposé par rapport à l’instruction du puissant chef de gang Arnel Joseph et d’autres dossiers sensibles, a, pour la troisième fois, attiré l’attention du conseil sur la détérioration du véhicule mis à sa disposition depuis 7 ans. Ledit véhicule, depuis 2 ans, n’arrêtait pas de tomber en panne ce jusqu’à son arrêt de fonctionnement. Le magistrat a donc sollicité la mise d’un véhicule à sa disposition le permettant de mener à bien l’instruction de ses dossiers. Le 1er février 2021, il a, dans une correspondance, sollicité un entretien avec le CSPJ. Il a demandé au conseil de prendre les dispositions nécessaires afin d’accorder le bénéfice de l’urgence à sa demande car sa vie serait mise en danger si les dispositions nécessaires ne sont pas prises à temps. Le 23 mars dernier, il a une fois de plus attiré l’attention du conseil sur l’état de son véhicule. Le conseil n’a jusqu’à date répondu à aucune des lettres mentionnées » rapporte l’OCNH qui questionne les motifs de l’attitude des autorités judiciaires et policières.

Rappelons que le juge instructeur du dossier portant sur l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph a été contraint de laisser tomber ce dossier pour des raisons liées à sa sécurité, le juge Edumé devra-t-il suivre cette même voie pour sauver sa peau? À quand la fin de l’impunité en Haïti ?

Stevens JEAN FRANÇOIS

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