Dossier représentant de la société civile au CSPJ: l’OPC a jeté son dévolu sur Me Edmé, l’OCNH et le CPD contestent

Lancé officiellement par une note de presse daté du 1er février 2021, le processus de désignation du représentant de la société civile au sein du CSPJ est arrivé à terme, à en croire une correspondance de l’OPC au Président du CSPJ datée du 12 avril. L’OCNH et le CPD quant à eux crient au scandale.

Me Edmé Rémy

Dans sa note de presse publiée le 1er février 2021, l’Office de Protection du Citoyen (OPC) avait porté à la connaissance de la population en général que dans une correspondance datée du 28 janvier 2021, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) lui avait demandé de désigner une personnalité de notoriété publique pour représenter la société civile en son sein. Cette requête cadrait avec l’article 4 (h) de la loi du 13 novembre 2007 créant le CSPJ et celle du 3 mai 2012 portant organisation et fonctionnement de l’OPC. L’OPC a dans ladite note rappelé le bien fondé de la démarche et promis de publier des informations supplémentaires dans une prochaine note.

Le 19 février, dans sa note #2, lOPC a invité les  » organisations de la société civile particulièrement les organisations et/ou fédérations d’organisations de défense des droits humains reconnus et actives à se concerter en vue de statuer sur des propositions de mécanismes devant aboutir à l’élection de manière démocratique et transparente, de trois (3) personnalités parmi lesquels l’OPC se chargera de choisir le représentant de la société civile pour le CSPJ. » Et depuis, apparemment trop occupé à planifier et réaliser ses deux journées d’assises sur l’Avant-Projet de Constitution, l’OPC n’a pipé mot sur le processus. Jusqu’à ce que sa correspondance adressée au Président du CSPJ soit diffusée sur les réseaux sociaux.

Datée du 12 avril 2021, la lettre portant la signature de Renan Hédouville, Protecteur du Citoyen a été adressée à Maître René Sylvestre, Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire. Dans ladite lettre, l’OPC a communiqué  » pour les suites nécessaires, le nom de la personnalité qu’il a désigné pour représenter la société civile au CSPJ  » lit-on. Me Rémy Edmée Coordonnateur Général de la Ligue Nationale des Avocats pour la Défense des Droits de l’Homme (LINADDH). Celui qui, en 2018 avait demandé au Protecteur du Citoyen de reprendre le processus et déclaré envisager de s’opposer à la prise de fonction de Chenet Jean Baptiste, a été désigné par l’OPC pour occuper le poste qu’il convoitait depuis des années. Agacé non pas par le choix de la personnalité mais plutôt par l’inélégance de l’OPC, l’OCNH et CPD sont montés au créneau.

En effet, de concert avec d’autres organisations dont la Solidarité Haïtienne de Défense des Droits Humains (SODDH), l’Organisme Universitaire de Droits Humains (OUDH), le Collectif des Organisations de Défense des Droits des Migrants et Rapatriés (CODEMIR) et le Réseau Observateur National pour la Démocratie et les Droits Humains (RONDDH); l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) et le Combite pour la Paix et le Développement (CPD) consternés par une série de contentieux ayant donné naissance à des scandales publics autour de la désignation d’un-e représentant-e du secteur des droits humains au sein des institutions républicaines comme le Conseil Électoral Provisoire (CEP) ou le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et désireux d’éviter toute répétition des mauvais précédents ont proposé à l’OPC, conformément à sa note de presse #2 la mise en place d’une commission de trois organisations: une doyenne, une émergente et
une en région, toutes évoluant dans le secteur des droits Humains, pour mener à terme dans un bref délai, le processus devant aboutir au choix, à travers des élections crédibles et démocratiques des trois personnalités dont l’une sera désignée pour représenter le secteur des droits humains.

En réponse, le 24 mars, l’OPC avait, dans une lettre, déclaré prendre acte de leur proposition et fait remarquer que les organisations n’avaient pas révélé l’identité des organisations choisies pour faire partie de la commission. Les organisations ont rectifié le tir et attendaient une réponse de l’OPC. Comme tout le monde, ils ont appris la nouvelle du choix de Me Edmé sur les réseaux sociaux. L’OCNH a vite réagi sur son compte Twitter et déclaré rejeter la désignation de Me Edmé. Même son de cloche du côté du CPD. Les deux organisations crient au scandale.

Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune réaction officielle de l’OPC ni de Me Edmé. Les informations recueillies par le journal d’une source crédible attestent que ce dernier est membre du cabinet de la présidente de l’actuel Conseil Électoral Provisoire. N’y a-t-il pas incompatibilité ?

Depuis un certain temps, bon nombre d’acteurs critiquent des initiatives prises par l’OPC. L’institution, selon eux, n’est pas arrivée à se lever au dessus de la mêlée. Toutefois, il est de bon ton de se rappeler qu’elle n’est pas à son premier scandale en ce qui concerne la désignation de personnalité.

Chasser le naturel, il revient au galop ?

Stevens JEAN FRANÇOIS

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