Assassinat Politique ou Dialogue Républicain: 7. Dialogue avec les Nations Unies

Jean André Victor, 22 /04 / 21

Quelle est la part de culpabilité des étrangers dans la crise haïtienne du 21ème siècle ? Faut-il accuser la communauté internationale totalement ou partiellement ? Convient-il de s’en prendre plutôt à l’Organisation des Nations Unies (l’ONU) ? Le mandat du BINUH (Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti) sera- t- il renouvelé bientôt ? La présente concerne exclusivement les Nations Unies et son opération de maintien de la paix (OMP) en Haïti.

Crédit Photo: UN News

Tout a commencé en 1991 avec le coup d’état des militaires haïtiens contre le Président élu, Jean Bertrand Aristide, revenu d’exil en 1994 grâce aux militaires américains pour terminer son premier mandat en 1996 sous l’œil vigilant des Nations Unies. Les bons offices du Venezuela, la médiation de la France, l’arbitrage des EUA et l’intervention des Nations Unies ont consacré l’internationalisation de la crise haïtienne et, par voie de conséquence, l’impossibilité de résorber cette dernière uniquement par et pour les Haïtiens.

De 1993 à 2021, sous couvert d’une invitation entachée de vices de forme, l’ONU n’a pas hésité
à faire de la terre de Dessalines un laboratoire à ciel ouvert où l’on pratique des expériences in vivo sur une population non protégée. A côté des nombreuses missions civiles qui ont séjourné dans ce pays, s’est détachée la silhouette des Casques Bleus à travers la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilité en Haïti), porteuse de choléra, de viol, de sodomie et de gonococcie. Sodome et Gomorrhe avaient- ils fait un détour dans la Caraïbe ?

Ce n’est pas tout. L’autre face de la médaille onusienne cachait une boite de Pandore dont le contenu va entrainer la descente aux enfers de la population haïtienne. Le Professeur Guillaume Devin de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris avait bien vu venir le danger lorsqu’il prédisait que l’OMP des Nations Unies risquerait d’aggraver les maux d’Haïti plutôt que de les résoudre. Le bilan négatif de la MINUSTAH ne confirme- t- il pas les inquiétudes de Devin ?

Le 1er décembre 2016, Ban Ki-Moon s’est excusé, très clairement, auprès du peuple haïtien à propos de l’épidémie du choléra. Peut-on, en raison de cela, fermer le dossier d’Haïti et oublier
tout ce qui s’est passé de 1993 à cette date ? Pour avoir dépensé environ 10 milliards de dollars en Haïti et laissé, après un séjour d’une vingtaine d’années, un pays défiguré, destabilisé, déformaté, dékonstronbé, démachwélé et démantibilé, les Nations Unies sont-elles qualifiées pour faire la leçon aux Haïtiens ?

Ricardo Steinfus n’avait-il pas raison quand il déclarait qu’il n’avait rien à stabiliser en Haïti sinon la pauvreté. Le président américain Donald Trump avait-il tort d’affirmer que l’ONU est un club de gens qui se réunissent pour passer du bon temps ? Le président français, Charles de Gaulle, n’avait-il pas qualifié l’organisation de machin. La journaliste Pauline Lietar n’a-t- elle pas établi que l’ONU est une grande Imposture ? Qu’est-ce qu’il y a de vrai dans tout cela ?

Après sept décennies de présence en Haïti (1945 – 2021), l’ONU doit rendre des comptes au monde civilisé et au peuple Haïtien. Loin de nous l’idée de prétendre que celle-ci n’a pas fait de grandes et belles choses en Haïti. Mais les bons comptes font les bons amis. Haïti fait partie de la communauté internationale. Au lieu de s’opposer à cette dernière, il faut savoir tirer profit de la géopolitique et des opportunités qui l’accompagnent. Il est temps de dialoguer avec
l’ONU. Sinon, celle-ci finira par penser que les Haïtiens sont des sourds-muets.

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