Etienne de Saint-Exil, du Cap-Haïtien à Trois-Rivières : un détour par la littérature jeunesse

L’écrivain haïtien Etienne de Saint-Exil est attendu au Canada, plus précisément à Trois-Rivières, où il participera le 16 août 2026 au Salon du Livre des Enfants, organisé au Carrefour Trois-Rivières Ouest. Une journée entière consacrée aux livres, aux familles, aux signatures, aux rencontres. Bref, au plaisir de lire. Certains hausseront peut-être les épaules. Saint-Exil, au milieu des albums jeunesse ? Vraiment ?

Etienne de Saint-Exil, du Cap-Haïtien à Trois-Rivières : un détour par la littérature jeunesse

Il y a des invitations qui surprennent. Et puis il y a celles qui confirment un virage. Il est vrai qu’Etienne de Saint-Exil, natif de Cap-Haïtien, s’est fait connaître, ces dernières années, par une œuvre à la tonalité grave, parfois rugueuse. Son roman COMME UN CIMETIERE DEBOUT EN MOI, publié aux Éditions Milot Paris, a marqué les esprits. Une écriture dense, introspective, traversée par les thèmes de la mémoire.

Puis est venu le recueil de poésie ET LA MER A BU LA NUIT, paru en août 2024 chez Le Lys Bleu Éditions. Là encore, une voix habitée, travaillée par le silence et les cicatrices du monde. Et comme si cela ne suffisait pas, un autre titre, LES NUES MENDIANTES, est actuellement annoncé en prévente.

Autant dire que l’image publique de Saint-Exil est celle d’un écrivain de la profondeur, du vertige intérieur. Pas forcément celle d’un conteur pour enfants. Et pourtant.

Car Etienne de Saint-Exil n’écrit pas que pour les adultes. Il a aussi signé NIKAH ET TITIE : Une histoire de moyenne, publié aux Éditions La Marche. Un roman jeunesse qui explore, avec simplicité et tendresse, les défis scolaires et les petites angoisses du quotidien. Rien de spectaculaire. Juste la vie d’enfant, avec ses doutes et ses élans.

Ce livre s’inscrit dans une série en devenir : Les Aventures de Nikah et Titie. L’auteur annonce d’autres titres à venir. Comme une envie de construire un univers parallèle à ses textes plus sombres. Ou peut-être complémentaire. Faut-il s’étonner qu’un écrivain navigue entre plusieurs registres ? Après tout, la littérature haïtienne a souvent refusé les cases étroites.

Installé en France, notamment en Bretagne, Saint-Exil a déjà été invité dans plusieurs régions, Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, pour des rencontres littéraires. Cette présence régulière dans l’Hexagone a contribué à asseoir son nom dans les cercles francophones.

Trois-Rivières marque donc une première escale canadienne. Une ville qui n’est pas choisie au hasard : située au Québec, elle cultive depuis longtemps une tradition liée au livre et à la poésie. Y être invité, même dans un cadre dédié à la jeunesse, n’a rien d’anodin.

Et puis, il y a le symbole. Voir un auteur haïtien passer du Cap-Haïtien aux salons bretons, puis aux rayons d’un centre commercial québécois transformé en fête du livre, dit quelque chose du trajet. De la persévérance aussi.

Le 16 août prochain, entre dédicaces et échanges avec de jeunes lecteurs, Etienne de Saint-Exil présentera donc une facette moins connue de son travail. Peut-être la plus fragile. Peut-être la plus audacieuse. Car écrire pour les enfants, au fond, n’est-ce pas accepter de se mettre à nu autrement ?

Annie FRANÇOIS


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