Après la recherche de la satisfaction des besoins vitaux, quoi de plus ?
Vivre en Haïti, depuis un certain temps, est un acte de résignation. On travaille seulement pour satisfaire les besoins vitaux que sont la faim, la soif, le maintien de la température corporelle, la respiration, le logement, le sommeil, la sexualité et l’élimination. Pourtant, la satisfaction des besoins fondamentaux qui est une nécessité, laquelle permet de faciliter le développement psychosocial de l’individu, reste un défi à surmonter ces derniers temps.

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Chômage, faible revenu économique, écart des salaires avec la hausse des prix des produits de première nécessité, la vie des haïtiens se résume essentiellement à la nourriture et au logement. Les actions les plus vitales deviennent des luxes. Les pratiques changent. La recherche du plaisir est placée en bas de l’échelle. L’épanouissement devient un facteur méprisé malgré son importance pour le développement personnel. La notion de bien-être perd tout son sens dans le quotidien haïtien. Malgré tous les efforts pouvant aider à surpasser les stress que génère la situation sociopolitique du pays, on reste limiter dans les actions par rapport au faible revenu.
L’alcool, la drogue, ces faux divertissements qui rabaissent la dignité de la personne prennent le dessus sur ceux qui sont raisonnables. Ils deviennent des divertissements obligés. Ils procurent du plaisir, entravent l’usage de la raison. Après ? Les mêmes stress quotidiens. Après une semaine de dure labeur, on reste chez soi. Les tensions accumulées au cours de la semaine restent concentrées. Le week-end qui était un moment idéal pour se divertir, faire des rencontres et une transition entre une semaine fatigante et une autre qui s’annonce encore ne se reconnait que par son nom. Alléger la fatigue du corps et de l’esprit pour mieux travailler ensuite est devenue un pêché que tout le monde veut en être coupable. Les espaces de loisirs sont de plus en plus mieux fréquentés. Les stress quotidiens s’augmentent.

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Par ailleurs, si les besoins de protection et de sécurité sont de réduire ou éliminer les dangers qui menacent le corps ou la vie de quelqu’un, leur satisfaction est loin d’être réelle. On vit dans un environnement dangereux où les gens qui sont placés pour nous protéger continuent à menacer nos vies. Pas d’hôpitaux. L’environnement est malsain. La pollution devient la norme. A chaque coin de rue, des tas d’immondices. On est vulnérable au cas d’infection par rapport à la pollution de l’air. On frôle la mort au quotidien. On devient des véritables cadavres ambulants. Plus personne ne peut nous protéger voire assurer notre sécurité.

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Impossibilité de satisfaire les besoins de base, on est devenu des eternels survivants en enfer. On oublie toutes les bonnes manières de vivre. On a plus le désir de partager l’amour avec notre entourage. Les dépouilles ne nous disent plus rien. Un simple « Tèt chaje » suffit pour prouver notre désolation. On est plutôt à la recherche des situations qui peuvent nous procurer du plaisir. La présence des autres nous embête. On est devenu des mendiants obligés. Les jeunes n’ont plus les moyens de matérialiser leur envie de vivre.
Pas de moyens pour continuer avec les études. Le diplôme, ca suffit. On est des eternels insatisfaits par rapport à nos rêves. On est dépendant de l’aide des autres. On devient des ennemis pour nos propres avenirs sans nos volontés d’y faire. Alors, les besoins d’estime se diminuent. Ce qui tue notre confiance en nous-mêmes. On est devenu faible et inferieur par rapport à nous même.
Selon le rapport de l’Organisation des Nation-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), Haïti connait le plus grand pourcentage de la région Amérique Latine et de la Caraïbes où la satisfaction des besoins vitaux prend la première place dans les revenus des ménages. De plus, dans un rapport publié par Haïti économie, en 2017, le PIB par habitant revenait à 713.6 dollars en Haïti contre 59 407,5 dollars des Etats-Unis. Ainsi, les haïtiens/ennes dépensent en moyenne 50% de leur revenu dans la satisfaction des besoins vitaux contre 15% des américains. Donc, on travaille pour la nourriture et le logement, après, et les restes ? Ils viendront, si possible.
Widelie Carlvanie OLIBRICE
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