Drame à Seguin : au moins sept morts et un commissariat réduit en cendres

Dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 avril 2026, une attaque armée d’une rare violence a secoué la petite localité de Seguin, dans la commune de Marigot. Au moins sept personnes ont été tuées et le sous-commissariat de police, ainsi que deux véhicules de la Police nationale d’Haïti (PNH), ont été incendiés, selon des témoignages et des sources locales.

Crédit Photo: Haiti24
Drame à Seguin : au moins sept morts et un commissariat réduit en cendres

Il était environ minuit lorsque des hommes lourdement armés ont surgi à Seguin, semant la panique parmi les habitants qui étaient dormaient chez eux. Certains témoins racontent des scènes d’une violence inouïe : des victimes abattues, parfois même brûlées sur place. L’attaque a été si brutale qu’elle a laissé derrière elle au moins 7 corps, des familles brisées et une communauté en état de choc.

Ce n’est plus un secret : la violence des gangs, longtemps concentrée autour de Port-au-Prince et dans le département de l’Artibonite gagne du terrain vers le Sud-Est. Ce mardi, René Danneau, maire de Marigot, a lancé un appel désespéré au gouvernement central : il demande des renforts et des mesures urgentes pour protéger une population qui, dit-il, se sent abandonnée.

« Nous demandons au Premier ministre de prendre toutes les mesures nécessaires », a-t-il déclaré à Radiotélévision Caraïbes, exprimant une frustration palpable face à une réponse jugée trop lente des autorités. Selon le maire, plusieurs des victimes étaient de jeunes hommes qui collaboraient avec la police locale, notamment en recueillant des informations pour tenter de protéger leurs voisins.

L’attaque n’a pas épargné les symboles de l’État : le sous-commissariat de Seguin a été la cible principale. Entièrement incendié, il ne reste plus que des décombres fumants là où des agents de la PNH tentaient jusqu’à récemment d’assurer un semblant de sécurité. Deux véhicules de la police ont aussi été réduits en cendres dans l’assaut. Ce type d’attaque ciblant l’appareil répressif de l’État n’est pas anecdotique. Il illustre une fois de plus l’incapacité apparente des forces de l’ordre à contenir la progression des groupes armés, qui semblent de plus en plus confiants, organisés et capables de frapper loin de leurs fiefs traditionnels.

Pour l’heure, l’identité du gang ou de la coalition criminelle à l’origine de l’attaque n’a pas été confirmée par les autorités. Toutefois, des acteurs locaux pointent du doigt des groupes affiliés à la coalition dite « Viv Ansanm », déjà impliqués dans des violences antérieures dans la région. Quoi qu’il en soit, le scénario est devenu trop familier : des armes lourdes, des zones périphériques qui tombent sous le contrôle de bandes armées, et une population qui subit.

La situation à Seguin s’inscrit dans un contexte plus large de violence au niveau national. Selon les statistiques les plus récentes des Nations Unies, la violence des gangs a fait plus de 5 500 morts en Haïti entre mars 2025 et janvier 2026, ainsi qu’au moins 2 600 blessés. Elle a contraint plus d’1,4 million de personnes à fuir leurs domiciles. Des chiffres aussi profondément tragiques qu’édifiants. Et qui posent une question lancinante : combien d’autres Seguin devront-t-il y avoir avant qu’une réponse coordonnée et efficace ne soit trouvée ?

Paul MARTIAL


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